Mohand - La religion blanchit la surface, mais Jesus-Christ transforme les coeurs

Notre immigration

Je m’appelle Mohand et je suis d’origine marocaine et berbère. Nous sommes arrivés en France dans les années 70, dans le cadre du “regroupement familial”. Mon père travaillait au Maroc pour une firme française qui lui a demandé de venir grossir la main d’oeuvre dont la France avait besoin.
Très tôt, dans mon enfance, je me suis intéressé à l’islam qui était la religion de ma famille et de mon peuple. La pratique de l’islam se répercute dans le moindre geste et le moindre moment de notre journée. J’ai appris, dès l’âge de 6 ans, mes premières prières rituelles. Le Ramadan est une occasion spéciale, même pour les musulmans qui vivent en France. Ce mois sacré nous transporte dans notre pays.
Là où nous habitions, je n’ai pas vraiment connu de racisme agressif, mais, parfois, le regard des gens nous faisait sentir que nous étions différents, étrangers sur une terre qui n’était pas la nôtre.

Mes questions sur l’au-delà et sur la nature de Dieu

Très tôt, je me suis posé des questions sur l’au-delà et sur la nature de Dieu. J’avais soif de Le connaître, de savoir quel était Son caractère. Lorsque j’observais la pratique religieuse de mon entourage, j’avais davantage de doutes et d’incertitudes que de réponses à mes questions. Les seuls chrétiens que je connaissais se disaient catholiques. Mes parents n’en pensaient pas beaucoup de bien, et la télévision renforçait ce cliché d’un Occident débauché, sans valeurs ni morale.
Mais, avec les années, mon cœur me disait qu’il existait autre chose, et que Dieu était différent des hommes qui se réclamaient de Lui. Je ressentais au fond de moi ce besoin d’une relation personnelle et concrète. Je voulais quelque chose de palpable, de vrai.
Au lieu de me révolter contre Dieu, cette recherche ardente s’est développée en moi, même lorsque la violence est entrée dans notre vie. Vers l’âge de 10 ans, j’étais dans ma chambre, lorsque j’ai entendu une voix qui n’était pas audible, mais qui résonnait en moi-même : « Un jour, tu vas connaître la vérité, un jour tu vas connaître un peuple heureux. » Suite à cette Parole, j’ai eu une grande paix. J’étais animé d’un sentiment de plénitude et de conviction qu’un jour je découvrirais la vérité.
Ayant grandi dans une atmosphère violente, j’ai moi-même cédé à ce travers jusqu’à ce que, suite à une bagarre avec un voisin, ma mère se retrouve, par ma faute, à l’hôpital.

Déchirure et conversion à Jésus-Christ

Des voisins « français » venaient d’emménager au-dessus de chez nous – le Soleil vient d’en haut ! Malgré la bagarre qui nous avait fait mauvaise réputation, ils ont osé venir chez nous pour proposer à mon père de garder mon petit frère et ma jeune soeur. Des « Français » chez nous, c’était étrange et incroyable, mais nous avons accepté.
Ces voisins étaient chrétiens et ils ont témoigné à ma soeur de leur foi. Un jour, ma soeur est rentrée à la maison en déclarant qu’elle était désormais chrétienne.
Quel choc terrible, quelle déchirure, quelle trahison! Ce fut très dur pour nous, terriblement difficile à comprendre et impossible à accepter. L’orgueil religieux était tellement ancré en nous-mêmes que nous avons réagi avec violence, la Bible de ma soeur a été déchirée, mais il était impossible d’enlever la foi qu’elle avait en Jésus. D’ailleurs, elle avait une paix, une assurance déconcertante qui nous a déstabilisés dans nos certitudes.
Ma mère m’a demandé de l’espionner et de la suivre dans l’église où elle se rendait. Mais, dans cette église, j’ai pu toucher à la réalité d’une foi authentique, de l’amour vécu et de la vérité. J’en ai été saisi d’une crainte respectueuse. La question cruciale pour moi était de savoir si les chrétiens avaient raison. Jamais le doute dans la pratique de l’islam ne m’avait saisi autant qu’à ce moment-là. « Si nous avons tort et s’ils ont raison, me disais-je, je peux passer toute ma vie à côté de l’essentiel. » Dans mon coeur se livrait une véritable bataille… et j’avais peur. J’ai comparé les deux religions avec attention, j’ai observé les chrétiens, j’ai sondé la Bible de la Genèse à l’Apocalypse, mais le Saint-Esprit a attesté à mon esprit que je pouvais devenir enfant de Dieu par la foi. C’était quelque chose de bouleversant pour moi.
Ayant bâti ma vie sur des lois, je pensais que je devais devenir meilleur, accomplir des oeuvres qui me rachetaient chaque fois que je commettais un péché. Et voici que Dieu a décidé de me sauver sans tenir compte de mes qualités ou de mes défauts. Il m’accepte indépendamment de ce que je peux faire, de mes origines. C’est la Grâce, des choses qui ne se méritent pas, qui ne s’achètent pas. Face à cet Homme qui a été cloué sur la Croix, à ce Juste qui s’est rendu injuste pour moi, j’étais profondément ému, mais, en abdiquant devant Son amour, j’ai vécu le plus beau jour de ma vie.
Ce qui m’a poussé à tenter cette expérience, c’était le besoin d’une vraie relation avec Dieu à laquelle j’aspirais tout en pratiquant ma religion. Et, aujourd’hui, cette vraie relation avec Dieu me donne de vraies relations avec les hommes. J’avais besoin de certitudes, j’ai puisé ces certitudes dans la Bible, je suis vraiment convaincu de l’autorité du message biblique. J’avais besoin de savoir où j’allais me trouver après la mort, aujourd’hui j’ai une conviction inébranlable quant à mon salut.

La religion blanchit la surface, mais l’Evangile transforme les coeurs. La religion donne la mesure des insuffisances de l’homme et le laisse tel qu’il est, mais l’Esprit nous transforme pour nous faire ressembler à Christ !

Tiré avec autorisation de la revue PROMESSES N° 149 / Juillet – Septembre 2004