Cours en ligne: L'Epître aux Galates

Leçon: Le but de l’épître (GALATES 1.1-10)

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Introduction

Pendant ses premiers voyages missionnaires, l’apôtre Paul visita l’Asie Mineure, prêchant le glorieux message du Salut par la foi en Christ seul. Beaucoup de ses auditeurs furent sauvés et quelques églises furent fondées. Plusieurs de ces églises se trouvaient en Galatie, une région au centre de l’Asie Mineure. Les habitants de la Galatie descendaient des Gaulois, peuple qui habitait à l’origine ce lieu que nous appelons maintenant l’Europe de l’Ouest. Ils avaient la réputation d’être remuants, guerriers et inconstants.

Après le départ de Paul de Galatie, certains faux docteurs (on appelait docteurs ceux qui enseignaient dans l’Église) entrèrent dans les Églises et y introduisirent des doctrines erronées. Ils enseignaient que le salut provenait de la foi en Christ, plus l’observation de la loi. Leur message était un mélange de christianisme et de judaïsme, de grâce et de loi, de Christ et de Moïse.

Ils essayèrent aussi de détourner les Galates de Paul en disant qu’il n’était pas un vrai apôtre du Seigneur et que par conséquent, son message n’était pas digne de confiance. Ils cherchèrent à saper la confiance qu’ils avaient en son message en ébranlant leur confiance en Paul lui-même. Beaucoup de Galates furent affectés par leurs suggestions malveillantes.

Imaginez la tristesse et la déception qui remplirent le cœur de Paul lorsque ces nouvelles lui parvinrent de Galatie. Son travail parmi eux avait-il été en vain ? Les chrétiens pouvaient-ils encore être sauvés de ces doctrines judaïques et légalistes ? Paul agit d’une manière rapide et décisive. Il écrivit alors cette lettre indignée à ses chers enfants dans la foi. Dans cette épître, il leur expose le vrai caractère du Salut, donné par grâce du commencement à la fin, et non pas mérité par l’observation en partie ou totale de la loi. Il leur montre que les bonnes œuvres ne sont pas une condition pour acquérir le Salut, mais en représentent le fruit. Le chrétien est mort à la loi et vit une vie de sainteté, non par ses propres efforts, mais par la puissance de l’Esprit de Dieu qui l’habite.

Salutations (1.1-5)

Dés le début, Paul insiste sur l’origine divine de son appel en tant qu’apôtre. Il ne le reçut pas des hommes ni même d’un homme qui ne lui aurait communiqué de la part de Dieu. Il reçut son appel directement par Jésus-Christ et Dieu le Père qui l’a ressuscité des morts. Un homme qui a été appelé de cette façon par Dieu seul, qui est aussi responsable envers Dieu seul, a la liberté de prêcher le message de Dieu sans craindre les hommes. Paul était donc indépendant des douze apôtres et de toute autre personne, aussi bien par rapport à son message qu’à son ministère.

1.1 La divinité de Christ est à la fois affirmée et impliquée. Elle est affirmée dans l’expression non de la part des hommes… mais par Jésus-Christ. Elle est impliquée par le fait que Paul lie ensemble Jésus-Christ et Dieu le Père, les mettant sur un plan d’égalité. Puis Dieu le Père est mentionné comme étant Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts. Paul avait une bonne raison de rappeler cela aux Galates. La résurrection prouve que Dieu est entièrement satisfait de l’œuvre de Christ en vue de notre salut. Apparemment les Galates trouvaient l’œuvre du Sauveur incomplète puisqu’ils essayaient de la perfectionner par leurs propres efforts pour observer la loi, alors que cette œuvre était achevée.

Paul avait été appelé par le Christ ressuscité, alors que les douze apôtres l’avaient été par le Seigneur Jésus durant son ministère terrestre. Pour cette raison, la résurrection a toujours joué un rôle important dans le message de l’apôtre.

1.2 L’apôtre s’associe aux frères qui étaient avec lui. Ces frères s’étaient joints à lui pour supplier les Galates de s’accrocher fermement à la vérité de l’évangile.

Cette lettre aux églises de la Galatie manque délibérément de cordialité. D’habitude Paul salue les croyants par les mots « l’église de Dieu », « les saints » ou « les fidèles en Jésus-Christ ». Souvent il adresse des remerciements aux chrétiens ou loue leurs qualités. Fréquemment il mentionne des noms. Mais il n’y a rien de cela ici. La gravité de l’erreur courant parmi les églises de Galatie lui a fait adopter une sévérité et une certaine réserve à leur égard.

1.3 La grâce et la paix sont parmi les mots les plus importants de l’évangile. La grâce, c’est la bonté non méritée de Dieu envers des pécheurs impies. Au lieu de demander à l’homme d’agir, la grâce exprime ce que Dieu a fait et invite les hommes à recevoir le Salut comme un don gratuit. « Bien loin de chercher des hommes bons qui méritent l’approbation, la grâce est à la recherche des hommes condamnés, coupables, désorientés et ne sachant s’exprimer afin de les sauver, sanctifier et glorifier. » Dr C. I. Scofield

La paix est le résultat de la grâce. Lorsque le pécheur reçoit le Sauveur, il a la paix avec Dieu. Il se repose sur la certitude que la peine de ses péchés a été purgée, que tous ses péchés ont été pardonnés et qu’il ne sera jamais condamné. Mais la grâce non seulement nous sauve, mais aussi nous garde. Il nous faut non seulement la bénédiction de la paix avec Dieu mais aussi celle de la paix de Dieu. Ce sont ces bénédictions là que Paul souhaite aux Galates au début de sa lettre. Sûrement les Galates réalisaient que ni la grâce, ni la paix ne pouvaient provenir de la loi. La loi apporte la malédiction à tous ceux qui transgressent ses commandements. Elle n’a jamais apporté la paix à une seule âme.

1.4 Ensuite Paul rappelle aux lecteurs le coût terrible de leur Salut. Notez l’expression : Notre Seigneur Jésus-Christ … s’est donné Lui-même pour nos péchés. S’il s’est donné Lui-même pour régler la question du péché, il nous est à la fois inutile et impossible d’ajouter quoi que ce soit à cette œuvre parfaite ou de contribuer à l’expiation de nos péchés en observant la loi. Christ, le seul Sauveur, est tout suffisant.

Christ est mort pour nous arracher du présent siècle mauvais. Cela inclut non seulement la corruption morale et politique de ce présent siècle, mais aussi le monde religieux qui mêle les rites et les cérémonies à la foi en Christ. Il était donc spécialement opportun de rappeler aux Galates qu’ils retournaient au système même dont Christ les avait sauvés par sa mort.

La rédemption par Christ était selon la volonté de notre Dieu et Père. Ces mots attribuent l’honneur à qui il revient, non aux piteux efforts de l’homme, mais plutôt à la volonté souveraine de Dieu. Ils soulignent aussi le fait que Dieu se sert de Christ pour sauver et qu’il n’y a pas d’autre moyen de Salut.

Le v. 4 devrait nous rappeler que Dieu n’a pas pour but d’améliorer le monde, pour que les hommes y vivent à l’aise, mais veut les en sauver. Nos priorités doivent coïncider avec les siennes.

1.5 D’après l’évangile de la grâce, toute la gloire du Salut de l’homme revient à Dieu le Père et au Seigneur Jésus-Christ. L’homme ne peut pas partager cette gloire, en prétendant contribuer à son salut par l’observation de la loi.

On ne peut pas étudier ces cinq premiers versets sans remarquer combien chaque mot est lourd de sens et avec quelle concision la vérité est exprimée. Il y a ici, en bref, les deux sujets principaux qui occuperont le reste de cette épître : l’autorité de Paul en tant qu’apôtre et son évangile de la grâce de Dieu. Maintenant l’apôtre est prêt à parler ouvertement aux Galates au sujet du problème qui les préoccupe.

Le but de sa lettre (1.6-10)

1.6,7 Paul confronte directement les Galates avec leur promptitude à accepter l’erreur. Il s’étonne de les voir si rapidement abandonner la vérité de l’évangile. Il déclare solennellement qu’ils sont en train de déserter Dieu pour un faux évangile. Ils avaient été appelés par la grâce de Dieu ; maintenant ils se placent sous la malédiction de la loi. Ils avaient accepté le vrai évangile ; maintenant ils l’abandonnent pour un autre évangile qui n’est pas du tout une bonne nouvelle (v. 7). C’est un message faussé, un mélange de grâce et de loi.

La langue grecque peut exprimer le mot « autre » par deux mots différents : « un autre du même genre » ou « un autre d’un autre genre ». Les Galates se tournaient vers un évangile de genre différent, pas du tout semblable à celui que prêchait Paul.

1.8,9 Paul prononce par deux fois la malédiction solennelle de Dieu sur quiconque prêche un évangile différent. (Anathème signifie maudit.) Dieu n’a qu’un seul message pour les pécheurs condamnés : c’est le salut donné par grâce et reçu par la foi sans qu’il soit question de mérites acquis par l’observation de la loi. Ceux qui proclament un autre moyen d’être sauvés doivent nécessairement être perdus. Combien il est grave de prêcher un message qui entraîne des âmes à la perdition éternelle ! Paul ne tolérait pas de tels faux docteurs ; nous ne devrions pas non plus les tolérer.

Remarquez que l’apôtre dit un ange du ciel, et non pas un ange envoyé de Dieu. Il est concevable qu’un ange du ciel apporte un faux message, mais jamais un ange envoyé de Dieu.

La langue humaine ne pourrait exprimer plus clairement combien l’évangile est unique. C’est le seul chemin du Salut. L’effort personnel et le mérite humain n’y jouent aucun rôle. L’évangile seul offre le salut sans argent, sans rien payer.

Tandis que la loi renferme une malédiction pour ceux qui ne l’observent pas, l’évangile renferme une malédiction pour ceux qui essayent de le modifier.

1.10 Paul se rappelle sans doute que ses ennemis l’avaient accusé de changer son message selon les désirs de ses auditeurs. C’est pourquoi il demande : « Lorsque je proclame la valeur unique de l’évangile, est-ce que j’essaie de plaire aux hommes ou à Dieu ? » II est évident qu’il ne cherche pas à plaire aux hommes, parce que les hommes ne veulent pas admettre qu’il n’y a qu’un seul chemin pour aller au ciel. Si Paul changeait son message pour plaire aux hommes, il ne serait pas le serviteur de Dieu, mais il attirerait sur lui la colère de Dieu.