Cours en ligne: Les épîtres de Jean

Leçon: La communion chrétienne (1 Jean 1.1–2.2)

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Introduction à 1 Jean

La première lettre de Jean est comme un album de photographies de famille. Elle décrit ceux qui sont membres de la famille de Dieu. De même que les enfants ressemblent à leurs parents, les chrétiens ressemblent à leur Père céleste. Cette lettre énumère ces traits de ressemblance. Lorsque quelqu’un devient enfant de Dieu, il reçoit la vie de Dieu, la vie éternelle. Tous ceux qui ont cette vie, la manifestent de façon très nette. Par exemple, ils reconnaissent Jésus-Christ comme leur Seigneur et Sauveur, ils aiment Dieu, ils aiment les enfants de Dieu, ils obéissent à ses commandements et ils ne continuent pas à pécher. Voilà quelques critères de la vie éternelle. Jean a écrit cette lettre afin que ceux qui ont ces traits de famille sachent qu’ils ont la vie éternelle (1 Jean 5.13).

Au moment où Jean écrivait, il venait de se former une mauvaise secte connue sous le nom de gnostiques. Ces gens prétendaient être chrétiens, mais disaient qu’ils possédaient plus de connaissances, un savoir supérieur à ce que les apôtres enseignaient. Par exemple, ils enseignaient que Jésus n’était qu’un homme, né de Joseph et Marie. Ils prétendaient que le Christ n’était pas une personne, mais une simple influence sortie de Dieu. Selon eux, Jésus n’était pas le Christ, mais le Christ était venu sur Jésus lors de son baptême et l’avait quitté avant sa mort sur la croix. Jean savait que les gnostiques n’étaient pas de vrais chrétiens, aussi avertit-il ses lecteurs en leur montrant que les gnostiques n’avaient pas les traits distinctifs des véritables enfants de Dieu.

Selon Jean, ou bien on est enfant de Dieu, ou bien on ne l’est pas. Il n’y a pas de milieu. C’est pourquoi cette lettre est remplie de notions diamétralement opposées, telles que la lumière et les ténèbres, l’amour et la haine, la vérité et le mensonge, la mort et la vie, Dieu et le diable. En même temps, il faut noter que l’apôtre aime dépeindre les gens d’après leur conduite habituelle. Ainsi, en faisant la différence entre chrétiens et non-chrétiens, il ne fonde pas sa conclusion sur un seul acte pécheur, mais plutôt sur ce qui caractérise ordinairement une personne. Même une horloge qui ne fonctionne pas donne l’heure exacte deux fois en vingt-quatre heures. Mais une horloge en bon état de marche l’indique constamment. Ainsi le comportement général quotidien, d’un chrétien est saint et juste, et c’est cela qui le fait reconnaître comme un enfant de Dieu.

Jean emploie très souvent les mots connaître ou savoir. Les gnostiques prétendaient connaître la vérité, mais ici, Jean expose les véritables faits de la foi chrétienne qui peuvent être connus avec certitude. Il décrit Dieu comme la lumière (1.5), l’amour (4.8, 16), la vérité (5.6) et la vie (5.20). Cela ne signifie pas que Dieu ne soit pas une personne, mais qu’Il est la source de ces quatre bénédictions. Jean parle aussi de Dieu comme étant juste (2.29, 3.7), pur (3.3) et sans péché (3.5). Quoique Jean emploie des mots simples, les pensées qu’il exprime sont souvent très difficiles à comprendre. Aussi, en étudiant ces leçons, devez-vous prier que le Seigneur vous aide à saisir ce que sa Parole veut dire et à obéir à la vérité qu’Il vous révèle.

La personne de Jésus-Christ (1.1-2)

Le fondement doctrinal de toute véritable communion est la personne du Seigneur Jésus-Christ. Il ne peut y avoir aucune vraie communion avec ceux qui ont des opinions erronées à son sujet. Les deux premiers versets montrent son éternité et la réalité de son incarnation. C’est celui même qui existait de toute éternité avec Dieu le Père qui est descendu dans ce monde comme un véritable homme. La réalité de son incarnation est soulignée par le fait que les apôtres l’ont entendu, l’ont vu de leurs yeux, l’ont contemplé dans une méditation profonde et l’ont même touché. La Parole de vie n’était pas une simple illusion passagère, mais une personne réelle dans un corps de chair.

Le verset 2 confirme que celui qui était avec le Père, celui que Jean appelle la vie éternelle, est devenu chair, a habité parmi nous et a été vu par les apôtres.

Le témoignage des apôtres (1.3-4)

Les apôtres n’ont pas gardé secrète cette merveilleuse nouvelle, et nous ne devons pas nous taire non plus. Ils ont compris qu’elle est la base de toute communion et ils l’ont annoncée librement et pleinement. Tous ceux qui reçoivent le témoignage des apôtres sont en communion avec le Père, avec son Fils Jésus-Christ, et également avec les apôtres et tous les autres croyants. Quelle étonnante pensée que des pécheurs, des coupables, puissent entrer en communion avec Dieu le Père et avec son Fils Jésus-Christ ! Et c’est bien la vérité que nous trouvons ici.

Remarquez particulièrement au verset 3 l’expression son Fils Jésus-Christ. Nous apprenons ici que Jésus et le Christ sont une seule et même personne et que cette personne est le Fils de Dieu. Jésus est le nom qui lui a été donné à sa naissance ; il parle donc de sa parfaite humanité. Le nom Christ exprime qu’Il est l’oint de Dieu, le Messie. Le nom de Jésus-Christ est donc un témoignage à son humanité et à sa divinité. Jésus-Christ est vraiment Dieu et vraiment homme.

Mais pourquoi Jean écrit-il ces choses au sujet de la communion ? C’est afin que notre joie soit parfaite. Jean sait que le monde ne peut donner au cœur humain de joie vraie et durable. Cette joie ne peut être produite que par une relation vivante avec le Seigneur. Quand quelqu’un est en communion avec Dieu et avec le Seigneur Jésus, il est rempli d’une joie profonde qui ne peut être troublée par les circonstances terrestres.

Les exigences de la communion (1.5-10)

Le mot communion représente une situation où deux personnes ou plus possèdent quelque chose en commun. C’est une association. Maintenant Jean entreprend d’enseigner à ses lecteurs les exigences de la communion avec Dieu. Pour cela, il en appelle aux instructions données par le Seigneur Jésus lorsqu’Il était sur la terre. Jean ne cite pas textuellement les paroles du Seigneur consignées dans les Écritures, mais la somme et la substance de l’enseignement de Jésus-Christ est que «Dieu est lumière et qu’il n’y a point en lui de ténèbres». Ceci veut dire que Dieu est absolument saint, absolument juste et absolument pur. Dieu ne peut supporter aucune forme de péché. Rien ne lui est caché, mais «tout est nu et découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte».

Ainsi, pour être en communion avec Dieu, le croyant ne saurait cacher son péché. La lumière et les ténèbres ne peuvent coexister dans la vie d’une personne, pas plus qu’elles ne le peuvent dans une chambre. Si un homme marche dans les ténèbres, il n’est pas en communion avec Dieu. Quelqu’un qui prétend avoir communion avec Dieu et qui marche dans les ténèbres n’a jamais été sauvé.

En revanche, quelqu’un qui marche dans la lumière peut avoir communion avec le Seigneur et avec les autres chrétiens. Pour Jean, un homme est soit dans la lumière, soit dans les ténèbres. S’il est dans la lumière, il est membre de la famille de Dieu. S’il est dans les ténèbres, il n’a rien de commun avec Dieu car en Dieu il n’y a point de ténèbres. Ceux qui marchent dans la lumière, c’est-à-dire les chrétiens, ont communion les uns avec les autres, et le sang de Jésus-Christ les purifie de tout péché. Cette dernière partie du verset ne signifie pas qu’un chrétien soit continuellement purifié par le sang, mais que la purification reçue à la conversion a une valeur permanente. Les chrétiens sont purifiés une fois par le sang de Jésus-Christ, mais lavés constamment par la Parole de Dieu des souillures du chemin.

D’autre part, la communion avec Dieu exige que nous reconnaissions ce que nous sommes. Par exemple, le verset 8 nous dit que, si nous nions avoir une nature pécheresse, nous nous séduisons nous-mêmes et nous mentons.

Afin d’entrer dans la communion chrétienne, il faut confesser ses péchés. «Celui qui cache ses transgressions ne prospère point, mais celui qui les avoue et les délaisse obtient miséricorde» (Proverbes 28.13). La promesse de la Parole de Dieu est que, si un homme confesse ses péchés, Dieu est fidèle et juste pour les lui pardonner. Il est fidèle en pardonnant ses péchés dans le sens que, ayant promis de le faire, il tiendra sa promesse. Il est juste en les pardonnant dans le sens que ce pardon a été acquis par l’œuvre de Jésus-Christ, et Dieu peut pardonner justement parce qu’Il a été pleinement satisfait par cette œuvre. De plus, Dieu promet de purifier de toute iniquité le pécheur repentant.

Ainsi, afin d’entrer dans la communion chrétienne, le pécheur doit prendre le parti de Dieu contre lui-même. Il doit reconnaître ses péchés et les abandonner. Pardonné grâce au précieux sang de Jésus-Christ, il peut poursuivre sa route dans une heureuse communion avec Dieu. Mais le verset 9 s’applique également à ceux qui sont déjà sauvés. Comme on entre dans la communion chrétienne par la repentance et la foi, on maintient jour après jour la communion avec Dieu par la confession des péchés. Lorsque nous nous sommes approchés de Dieu dans un esprit de repentance et lui avons confessé notre état de péché, nous avons reçu ce qu’on nomme le pardon judiciaire. Dès cet instant, le châtiment de nos péchés est aboli une fois pour toutes. Puis, en tant que chrétiens, nous devons confesser journellement nos péchés pour recevoir le pardon paternel. De cette façon, l’heureux esprit de famille est restauré et la discipline paternelle évitée. Ce deuxième pardon est celui d’un père et non celui d’un juge.

Enfin, pour être en communion avec Dieu, nous ne devons pas nier avoir commis des péchés. Dieu a déclaré à maintes reprises dans sa Parole que tous ont péché. Le nier fait de Dieu un menteur. C’est contredire sa Parole et désavouer la raison pour laquelle le Seigneur Jésus est venu souffrir, verser son sang et mourir.

Ainsi nous voyons que la communion avec Dieu n’exige pas une vie absolument sans péché, mais qu’elle demande que tous nos péchés soient apportés en sa présence, confessés et abandonnés. Il s’ensuit que nous devons être parfaitement honnêtes au sujet de notre condition et qu’il ne doit y avoir aucune hypocrisie ou dissimulation quant à ce que nous sommes réellement.

Le péché entrave la communion (2.1-2)

Dans ces deux versets, Jean indique la norme parfaite de Dieu pour son peuple et sa ressource de grâce en cas de chute. L’expression «mes petits-enfants» aurait été mieux traduite par «chers enfants». Elle comprend tous les membres de la famille de Dieu. La norme parfaite de Dieu est ensuite formulée par ces mots : «Je vous écris ces choses afin que vous ne péchiez point». Puisque Dieu est parfait, sa norme pour ses enfants est la perfection absolue. Il ne serait pas Dieu s’Il disait : «Je vous écris ces choses afin que vous péchiez aussi peu que possible». Dieu ne peut tolérer le moindre péché, c’est pourquoi Il nous donne la perfection comme but. C’est ce que le Seigneur Jésus a fait en disant à la femme prise en flagrant délit d’adultère : «Je ne te condamne pas non plus : va, et ne pèche plus».

En même temps, le Seigneur connaît notre faiblesse. Il se rappelle que nous sommes poussière. Aussi nous a-t-Il donné une ressource en cas de chute. C’est ce qu’exprime la phrase suivante : «Et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste». Un avocat est celui qui se tient aux côtés d’une autre personne en difficulté afin de l’aider. C’est exactement ce que fait pour nous le Seigneur Jésus lorsque nous péchons. Il vient immédiatement à nous afin de rétablir notre communion avec le Père. Remarquez qu’il n’est pas dit : «Si quelqu’un confesse ses péchés…». En tant qu’avocat, le Seigneur cherche à nous amener au point où nous confesserons effectivement notre péché et l’abandonnerons.

Ce verset contient quelque chose de magnifique qui ne doit pas nous échapper. Il dit : «Si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père». Il ne dit pas «auprès de Dieu», mais «auprès du Père». Autrement dit, il reste notre Père même si nous péchons. Cela nous rappelle que, si le péché dans la vie d’un croyant rompt sa communion avec Dieu, il ne rompt pas la relation avec son Père céleste. Lorsque quelqu’un naît de nouveau, il devient enfant de Dieu. Dès lors, Dieu est son Père, et rien ne pourra jamais affecter cette relation. Une naissance ne peut pas être «défaite». Un fils peut devenir la honte de son père, mais, par sa naissance, il est toujours son fils.

Remarquez que notre avocat est Jésus-Christ le juste. Il est bon d’avoir un avocat juste. Quand Satan accuse un croyant, le Seigneur Jésus peut rappeler son œuvre parfaitement accomplie à la croix du Calvaire et dire : «Mets ce péché à mon compte».

Le Seigneur Jésus n’est pas seulement notre avocat ; Il a aussi expié nos péchés. En mourant pour nous, Il nous a délivrés de la culpabilité qui pesait sur nous à cause de nos péchés et nous a réhabilités auprès de Dieu en payant ce qu’exigeait sa justice et en supprimant toutes les barrières à la communion. Dieu peut nous faire grâce parce que Jésus-Christ a satisfait aux exigences de la justice divine. Ce n’est pas souvent qu’un avocat paie pour les fautes de son client. C’est pourtant ce que notre Seigneur a fait et, ce qui est encore plus stupéfiant, Il a payé en se sacrifiant lui-même.

Jean ajoute qu’Il est une victime expiatoire non seulement pour nos péchés, mais aussi pour ceux du monde entier. Cela ne signifie pas, naturellement, que le monde entier soit sauvé, mais que la valeur de l’œuvre du Seigneur Jésus est suffisante pour le salut de tous les hommes. Elle ne sauve en fait que ceux qui mettent réellement leur confiance en lui. C’est parce que cette œuvre est suffisante pour tous les humains que l’évangile peut être offert à tous. Si tous les hommes étaient automatiquement sauvés, il n’y aurait nul besoin de leur prêcher l’évangile.

Il est intéressant de noter que l’inscription placée sur la croix était rédigée en hébreu, en grec et en latin. C’étaient les principales langues du monde d’alors. C’est ainsi qu’il a été proclamé au monde entier que Jésus-Christ est un Sauveur suffisant pour tous les hommes, en tous lieux.