Cours en ligne: La prophétie biblique

Leçon: Aperçu des grandes lignes de la prophétie

>


Le sujet de la prophétie biblique prête souvent à controverse ; mais ce n’est pas une raison suffisante pour ne pas l’étudier. En négligeant les passages prophétiques nous nous priverions d’une grande partie de notre Bible, et ce serait de notre part un manque d’égard manifeste envers Dieu qui les a donnés. Que telle doctrine de l’Écriture soit dénaturée par certains ne nous donne aucune raison pour laisser la prophétie de côté, mais devrait, au contraire, nous rendre plus décidés à la comprendre et à la propager.

Notons pour commencer qu’il existe aujourd’hui trois principales écoles d’interprétation parmi les croyants évangéliques :

1. l’amillénarisme

2. la doctrine de l’enlèvement des croyants après la grande tribulation

3. la doctrine de l’enlèvement des croyants avant la grande tribulation

L’amillénarisme est une doctrine selon laquelle il n’y aura pas d’autre Millénium que celui qui est censé se prolonger actuellement – ce qui exclut pour le Christ incarné tout règne sur un royaume terrestre. Cette doctrine enseigne que l’Église est le royaume de Christ et que par conséquent l’Église règne actuellement, ou en tout cas devrait régner. Dans sa «théologie systématique», le Dr. Chafer définit ainsi ce point de vue sans toutefois le partager. L’amillénarisme fonde sa position sur les nombreuses citations de l’Ancien Testament, dans lesquelles les passages concernant Israël sont appliqués par les écrivains du Nouveau Testament aux chrétiens de la période de l’Église. À cause de ces citations et de leurs applications, les amillénaristes concluent que la prophétie trouve son plein accomplissement dans le christianisme et par conséquent que l’Église chrétienne actuelle constitue le véritable peuple d’Israël. Dans cette optique il n’y a pas de place pour un quelconque avenir national du peuple d’Israël ni pour une royauté réelle établie sur le monde entier pour le Christ.

Nous croyons que c’est là une erreur grave. Il est, certes, parfaitement exact que le Saint-Esprit cite certaines parties des prophéties de l’Ancien Testament dans le Nouveau Testament et les applique à l’Église chrétienne. Toutefois, il est extrêmement important de faire une distinction entre cette première interprétation et une application ultérieure.

Cette première interprétation apparaît à la lumière de tous les éléments et différents facteurs du contexte. Si certaines des expériences et des bénédictions prophétiques peuvent s’appliquer aux croyants d’aujourd’hui, cela montre simplement que les chrétiens jouissent déjà de certains des privilèges spirituels qui seront la part d’Israël et des nations, à la fin des temps, une fois leur réconciliation avec Dieu accomplie. Ce principe de compréhension connu sous le nom de «loi de la double référence» sera étudié ultérieurement de façon plus détaillée.

Par l’enlèvement des croyants après la grande tribulation nous entendons que l’Église sera prise pour être avec Christ à la fin de cette période. La doctrine de l’enlèvement des croyants avant la grande tribulation affirme que ce qui est véritablement l’Église, c’est-à-dire le corps de Christ, sera enlevée avant que ne se déverse sur la terre la colère divine. Ce cours adopte cette dernière façon de voir.

Nous considérerons maintenant :

1. le but de la prophétie

2. la personne qui en est le sujet

3. le plan de la prophétie

1. Le but de la prophétie

La prophétie s’adresse moins à notre intellect qu’à notre cœur. Elle renferme tout un domaine de l’expérience chrétienne. Si nous désirons connaître les directions divines pour demain, nous devons être aujourd’hui les amis dociles de Jésus-Christ (Jean 15.14-15). L’exemple de Lot est significatif ; bien qu’il fût enfant de Dieu (2 Pierre 2.7, 8) il ne se doutait pas de la ruine qui menaçait Sodome jusqu’à quelques heures seulement avant que le jugement ne s’abatte sur cette ville. Le cas d’Abraham est tout différent. Depuis assez longtemps Dieu l’avait honoré de ses confidences à ce sujet. Une telle attitude n’était pas arbitraire de la part de Dieu. Il n’a pas de préférés parmi ses enfants. Pourquoi donc Abraham a-t-il été favorisé ? L’explication se trouve dans sa vie de séparation d’avec le mal et d’obéissance à la volonté de Dieu. Lot par contre se compromettait dans l’iniquité de Sodome (relisez Genèse 18-19).

Lorsqu’un voyageur désire visiter un lointain pays étranger, il se prépare plusieurs semaines à l’avance en se familiarisant avec des sujets tels que la langue, les coutumes et le climat… De même, la connaissance de l’avenir prophétique nous est donnée pour que déjà maintenant nous vivions dans sa lumière. Le but de la prophétie est de projeter sur notre conduite actuelle la clarté de l’avenir afin que nous puissions nous conformer à cette perspective.

«Tout homme qui a cette espérance en lui se purifie comme lui est pur» (1 Jean 3.3).

2. La personne qui en est le sujet

L’affirmation d’Apocalypse 19.10, «le témoignage de Jésus est l’esprit de prophétie», peut être inversée et demeure absolument vraie. En fait cette inversion est peut-être plus proche de la véritable signification, c’est-à-dire que l’esprit de prophétie est le témoignage de Jésus. Christ est l’objet de toutes les prophéties bibliques ; celles-ci se relient à lui en tous points, directement ou indirectement. Il en est le centre, et c’est vers lui que toutes les lignes convergent. Moïse, l’auteur inspiré de la première partie de la Bible, a écrit à son sujet (Jean 5.46). Jean qui a écrit le dernier livre du canon de l’Écriture nous a donné la «révélation de Jésus-Christ» (Apocalypse 1). Effectivement «tous les prophètes lui rendent témoignage» (Actes 10.43).

La prophétie présente Jésus-Christ dans son rôle glorieux de prophète, de prêtre, et de roi. Il est le vrai prophète annoncé en Deutéronome 18.18-19, le prêtre Melchisédec du Psaume 110.4, le roi de justice du Psaume 2.6 et d’Ésaïe 32.1.

Si notre étude de ce sujet ne parvient pas à rendre Jésus-Christ réel pour nous, elle aura manqué son suprême but. Le Seigneur et sa gloire emplissent l’avenir et le chrétien est destiné à partager cette gloire. Cette perspective merveilleuse l’arme de courage pour souffrir pour son Seigneur et pour le servir en attendant son retour.

Le plan de la prophétie

«Ne soyez en scandale ni aux Grecs, ni aux Juifs, ni à l’Église de Dieu» (1 Corinthiens 10.32).

De façon générale, les sujets de la prophétie concernent ces trois grandes catégories. Les termes «Juifs» et «Grecs» ne doivent pas suggérer seulement deux petites parties de la race humaine mais plutôt la semence d’Abraham en contraste avec les immenses masses connues sous le nom de païens.

De même le terme «Église de Dieu» ne doit pas suggérer l’ensemble des hommes qui font partie de la chrétienté baptisée mais seulement ceux qui forment la communauté des croyants régénérés. La majeure partie de la prophétie biblique concerne la nation d’Israël appelée «les Juifs». La grande portion de l’Ancien Testament composée des grands et petits prophètes traite surtout de ce peuple et de son Messie. Alors que l’historien profane insisterait davantage sur l’ascension et la chute des grands empires mondiaux des païens, ceux-ci ne sont mentionnés dans le récit biblique que dans la mesure où ils touchent Israël, peuple de Dieu sur la terre. Nous en verrons la raison dans une leçon suivante, mais nous devons bien garder présent à l’esprit que les écrits prophétiques font une distinction très nette entre la postérité d’Abraham d’une part (appelée quelquefois Israël ou encore les Juifs) et les païens (appelés quelquefois «les nations»).

Mais il y a ceux qui n’appartiennent ni aux Juifs ni aux païens. Ceux-ci sont connus sous le nom «d’Église de Dieu». Cette église se limite à «ceux qui sont sanctifiés en Jésus-Christ, appelés à être saints». Elle est dépeinte comme le corps de Christ (1 Corinthiens 12.27 ; Éphésiens 1.23 etc…). Ce n’est ni une dénomination ni une organisation, mais plutôt un organisme doué de la vie du Christ qui en est la tête ou le chef glorifié dans les cieux. Dans cette assemblée il n’y a plus ni Juifs ni païens, mais tous sont un en Jésus-Christ, (lisez attentivement 1 Corinthiens 12.12-31.)