Cours en ligne: Les épîtres à Timothée et Tite

Leçon: Prends garde aux mauvais enseignants (1 Timothée 1.1-14)

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Introduction

Les trois lettres que nous étudions – 1 et 2 Timothée, Tite – sont appelées les épîtres pastorales parce qu’elles concernent les soins pastoraux (d’un berger) pour les individus et les églises locales.

Leur titre ne signifie pas que Timothée et Tite aient été des ecclésiastiques à la tête de congrégations locales. En revanche, ils avaient été envoyés par l’apôtre Paul avec la mission temporaire d’instruire les croyants et de les mettre en garde contre les mauvais enseignants. L’idée que Timothée était le premier évêque de l’église d’Éphèse et Tite le premier évêque de l’église de Crète est inexacte. Timothée et Tite étaient des messagers envoyés à ces églises pour un temps.

On pense en général que la première lettre à Timothée et celle à Tite ont été envoyées de Corinthe à peu près au même moment. Il semble qu’elles aient été écrites après le premier emprisonnement de Paul à Rome, par conséquent après les événements reportés dans le livre des Actes.

La deuxième lettre à Timothée a été écrite de Rome pendant le deuxième et dernier emprisonnement de Paul. C’est probablement sa dernière épître.

En réalité, on sait peu de choses sur la période de la vie de Paul dont parlent ces lettres. Nous ne pouvons que reconstituer les faits d’après les renseignements biographiques contenus dans les épîtres elles-mêmes, et ceux-ci sont très sommaires.

On trouve dans ces lettres plusieurs mots et thèmes qui reviennent fréquemment. Ils nous donnent une idée des sujets qui préoccupaient toujours davantage Paul alors que son ministère tirait à sa fin.

La «foi» est un de ces termes caractéristiques. Alors que le danger d’apostasie croissait, Paul s’efforçait d’insister sur l’ensemble de la doctrine chrétienne qui avait été donnée aux saints. Il décrivait diverses attitudes que les hommes avaient prises ou prendraient plus tard vis-à-vis de la foi :

1. quelques-uns avaient fait naufrage quant à la foi (1 Timothée 1.19)

2. quelques-uns allaient abandonner la foi (1 Timothée 4.1)

3. quelques-uns risquaient de renier la foi (1 Timothée 5.8)

4. d’autres violeraient leur premier engagement (1 Timothée 5.12)

5. certains s’étaient égarés loin de la foi (1 Timothée 6.10)

6. quelques-uns s’étaient détournés de la foi (1 Timothée 6.21).

On trouve également l’expression «saine doctrine», dont le sens est proche de celui de la foi telle qu’elle est citée dans les passages ci-dessus. Ici, «saine» a un sens plus fort que «correcte» ou «orthodoxe». Il signifie en bonne santé, ou donnant la santé. Notre mot «hygiène» est dérivé du mot grec traduit par «saine». Il s’agit ici, évidemment, d’une hygiène spirituelle. Notez les passages suivants :

saine doctrine : 1 Timothée 1.10 ; 2 Timothée 4.3 ; Tite 1.9 ; 2.1

saines paroles : 1 Timothée 6.3 ; 2 Timothée 1.13 ; Tite 2.8

une foi saine : Tite 1.13 ; 2.2

Le mot «conscience» est mentionné six fois :

1 Timothée 1.5, 19 ; 3.9 ; 4.2 ; 2 Timothée 1.3 ; Tite 1.15

L’apôtre souligne le fait que la piété est la preuve pratique que le croyant est sain dans la doctrine : 1 Timothée 2.2, 10 ; 3.16 ; 4.7-8 ; 5.4 ; 6.3, 5, 6 ; 6.11 ; 2 Timothée 3.5 (ici il est seulement question de l’apparence de la piété), 3.12 ; Tite 1.1 ; 2.12

La sobriété est une qualité que Paul estimait digne d’être cultivée par ses jeunes assistants : 1 Timothée 2.9, 15 ; 5.6-7 ; Tite 1.8 ; 2.2, 6, 12

Remarquons également les nombreuses choses «bonnes» dont parle l’apôtre :

une bonne conscience (1 Timothée 1.5, 19)

la loi est bonne (1 Timothée 1.8)

un bon combat (1 Timothée 1.18)

la prière est bonne (1 Timothée 2.3)

les bonnes œuvres (1 Timothée 2.10 ; 3.1 ; 5.10, 25; 6.18 ; 2 Timothée 2.21 ; 3.17 ; Tite 1.16 ; 2.7, 14 ; 3.1, 8, 14)

un bon témoignage (1 Timothée 3.7)

tout ce que Dieu a créé est bon (1 Timothée 4.4)

un bon ministre (1 Timothée 4.6)

la bonne doctrine (1 Timothée 4.6)

le bon combat de la foi (1 Timothée 6.12 ; 2 Timothée 4.7)

le bon dépôt (2 Timothée 1.14 ; Tite 2.3)

un bon soldat (2 Timothée 2.3)

des gens de bien (2 Timothée 3.3 ; Tite 1.8 ; 2.5)

En étudiant le vocabulaire de ces épîtres, il est intéressant de noter les termes médicaux qu’elles contiennent. Peut-être leur emploi est-il dû au fait que le médecin Luc était un proche compagnon de Paul à ce moment.

Nous avons déjà expliqué que «sain» signifie en bonne santé ou donnant la santé. Ce mot est employé en relation avec la doctrine, les paroles, la foi.

Dans 1 Timothée 4.2, Paul parle d’une flétrissure dans la conscience. D’après l’original, il s’agit d’une cautérisation avec un instrument chauffé. Dans 1 Timothée 6.4, on trouve l’expression «la maladie des questions oiseuses et des disputes de mots», c’est-à-dire une maladie affectant l’esprit. 2 Timothée 2.17 parle de gangrène, 2 Timothée 4.3 de démangeaison, terme employé par Paul à la fin de son diagnostic des cas cliniques des derniers jours.

Sur ce fond, nous commencerons maintenant l’étude cursive de la première épître à Timothée, c’est-à-dire verset par verset.

Thème de la lettre

Le thème de cette épître est clairement indiqué au chapitre 3, versets 14 et 15 : «Je t’écris ces choses, avec l’espérance d’aller bientôt vers toi, mais afin que tu saches, si je tarde, comment il faut se conduire dans la maison de Dieu, qui est l’église du Dieu vivant, la colonne et l’appui de la vérité». Paul dit ici très simplement qu’il y a une norme de conduite pour l’église de Dieu et que la raison pour laquelle il lui écrit est de la lui faire connaître.

Il ne suffit pas de dire à un enfant qui se conduit mal : «Sois sage !» si l’enfant ne sait pas ce qu’on attend de lui quant à son comportement. Il faut d’abord lui dire ce qu’est une bonne conduite : C’est ce que fait la première épître à Timothée pour l’enfant de Dieu en relation avec l’église de Dieu.

Une rapide lecture de ses divers chapitres confirme que tel est bien le thème de la lettre. Le chapitre 2 nous montre ce qu’est cette conduite en ce qui concerne la prière en commun et la place de la femme en public. Le chapitre 3 expose ce qui est exigé de ceux qui seront aux postes de responsabilité et de direction dans l’assemblée. Le chapitre 5 met l’emphase sur la responsabilité de l’église vis-à-vis des veuves, etc.

Salutations à Timothée (1.1-2)

1.1 Tout d’abord, Paul se présente comme «apôtre de Jésus-Christ». Le terme «apôtre» signifie «envoyé» ; Paul déclare donc simplement qu’il a été choisi par Dieu en vue d’un travail missionnaire.

Il était apôtre du «Christ Jésus» (plutôt que «Jésus-Christ» comme dans plusieurs versions courantes). Pourquoi faire cette distinction ? Le nom «Jésus-Christ» met l’accent sur l’humanité du Sauveur et sa vie sur la terre, tandis que le nom «Christ-Jésus» implique qu’Il est ressuscité, monté au ciel et glorifié à la droite de Dieu. La plupart des apôtres avaient reçu leur mission de «Jésus-Christ», c’est-à-dire de Jésus alors qu’Il était encore sur la terre. Seul Paul était un apôtre du «Christ-Jésus», du fait qu’il reçut ses ordres du Seigneur après son ascension au ciel.

L’apostolat de Paul était «selon l’ordre de Dieu notre Sauveur et du Christ-Jésus notre espérance». Ainsi Paul n’avait pas choisi lui-même son ministère comme gagne-pain et sa mission ne lui avait pas non plus été confiée par des hommes. Il avait reçu un appel clair de Dieu à prêcher, enseigner et souffrir (Actes 9.15-16).

Dans ce verset, Dieu le Père est appelé «notre Sauveur». En général, dans le Nouveau Testament, c’est le Seigneur Jésus qui est appelé le Sauveur. Mais évidemment, il n’y a aucune contradiction. Dieu est le Sauveur des hommes dans le sens qu’Il désire leur Salut, qu’Il a envoyé son Fils pour accomplir l’œuvre de la rédemption et qu’Il donne la vie éternelle à tous ceux qui acceptent le Seigneur Jésus par la foi. Christ est le Sauveur, dans le sens qu’Il est effectivement allé à la croix et a achevé l’œuvre nécessaire pour que Dieu sauve avec justice des pécheurs impies.

Ici, il est parlé du Seigneur Jésus-Christ comme étant «notre espérance». Cela nous rappelle immédiatement Colossiens 1.27 : «Christ en vous, l’espérance de la gloire». Notre seule espérance d’aller au ciel se trouve dans la personne et l’œuvre du Seigneur Jésus. En fait, toutes les glorieuses perspectives présentées dans la Bible ne sont pour nous que grâce à notre relation avec le Christ-Jésus.

Notez également Éphésiens 2.14, où Christ est notre paix, et Colossiens 3.4, où Il est notre vie. Christ est notre paix en rapport avec nos péchés dans le passé ; Christ est notre vie en rapport avec la puissance dont nous avons besoin pour le présent; et Christ est notre espérance en rapport avec notre délivrance future.

1.2 La lettre est adressée à Timothée, qui est décrit comme l’enfant légitime de Paul en la foi, c’est-à-dire dans le domaine de la foi. Certaines personnes pensent que nous avons là une indication que Timothée par le moyen de l’apôtre s’est converti lors de la première visite de ce dernier à Lystre, rapportée dans Actes 14.6-20. Toutefois, l’impression générale que nous donne le récit des Actes est que Timothée était déjà disciple lorsque Paul fit sa connaissance (Actes 16.1-2). Dans ce cas, l’expression «enfant légitime en la foi» signifierait que Timothée montrait les mêmes qualités spirituelles et morales que Paul.

«Heureux est le jeune serviteur chrétien qui possède un tel conducteur, et heureux le conducteur chrétien dont le «carquois» est rempli de tels enfants».

La salutation habituelle dans les lettres du Nouveau Testament est «grâce et paix». Dans 1 et 2 Timothée, Tite et 2 Jean, il y est ajouté le terme de miséricorde. Ces quatre dernières épîtres étaient adressées à des individus et non à des églises, ce qui explique sans doute cette adjonction.

La grâce exprime toutes les ressources divines nécessaires pour la vie et le service chrétiens. Ici, la miséricorde parle des soins, de la compassion et de la protection de Dieu pour quelqu’un qui est dans le besoin et sujet à se lasser. La paix est la tranquillité intérieure donnée à celui qui s’appuie sur le Seigneur.

Ces trois grandes bénédictions viennent de Dieu le Père et du Christ Jésus notre Seigneur. La divinité de Christ est sous-entendue dans ce verset car Paul parle de lui comme étant égal au Père. L’expression «Christ Jésus notre Seigneur» nous rappelle la vérité importante que Jésus-Christ est Seigneur. Alors que le mot «Sauveur» se trouve 24 fois dans le Nouveau Testament, celui de Seigneur s’y trouve 522 fois. Vous pourrez tirer vos propres conclusions de ces chiffres significatifs.

Exhortation à faire taire les faux enseignants (1.3-4)

1.3 Il est probable qu’après son premier emprisonnement à Rome, Paul visita Éphèse avec Timothée. Quand Paul poursuivit sa route vers la Macédoine, il donna à Timothée des instructions de rester quelque temps à Éphèse afin d’enseigner la Parole de Dieu et de mettre en garde les croyants contre les faux enseignants.

De la Macédoine, il semble que Paul soit revenu au sud jusqu’à Corinthe et c’est peut-être de cette ville qu’il écrivit cette première lettre à Timothée.

Au verset 3, l’apôtre dit en fait : «Quand je suis parti pour la Macédoine, je t’ai demandé de rester à Éphèse, et je te répète maintenant ces instructions». Il était là pour une mission temporaire, celle d’enjoindre à certains hommes de l’assemblée de ne pas enseigner des doctrines contraires à la foi chrétienne ou censées la compléter. Les principales fausses doctrines en question étaient le légalisme et le gnosticisme. Pour le cas où Timothée serait tenté de fuir ces problèmes, Paul lui demande de poursuivre le travail.

Timothée était aussi exhorté à ordonner à ces hommes de ne pas s’attacher à des fables et à des généalogies sans fin. Il nous est impossible de savoir exactement aujourd’hui ce qu’étaient ces fables et ces généalogies. Certains y voient les légendes qui avaient surgi parmi les enseignants juifs. D’autres pensent qu’elles se rapportent aux mythes et aux générations dont parlaient les gnostiques. Il est intéressant de noter que les sectes pernicieuses actuelles sont caractérisées par ces mêmes choses. Un grand nombre de récits fantaisistes se racontent à l’égard des fondateurs de fausses religions et même la question des généalogies occupe une place importante dans la religion des Mormons.

De tels sujets sans valeur aucune ne servent qu’à provoquer des questions et des doutes dans l’esprit des gens. Ils ne produisent pas l’édification dans la piété ; plus exactement ils «n’avancent pas l’œuvre de Dieu dans la foi», c’est-à-dire qu’ils ne contribuent pas à exécuter le plan de Dieu lié à la foi et produisant la foi. Tout le plan de la rédemption est destiné par Dieu non à soulever des discussions et des doutes, mais à apporter la foi dans le cœur des hommes. La pensée de ce verset est donc que les hommes de l’assemblée d’Éphèse ne devaient pas concentrer leur attention sur des thèmes aussi futiles que les fables et les généalogies, mais plutôt se consacrer aux grandes vérités de la foi chrétienne, qui sont une bénédiction pour les hommes et engendrent la foi et non le doute.

But  final du commandement (1.5)

1.5 La chose la plus importante à comprendre dans l’étude de ce verset est peut-être que le mot «commandement» ne se rapporte pas à la loi de Moïse ou aux dix commandements, mais à l’ordonnance contenue dans les versets 3 et 4. Paul veut dire que le but du commandement qu’il vient de donner à Timothée n’est pas simplement de produire une pensée orthodoxe, mais l’amour venant d’un cœur pur, d’une bonne conscience et d’une foi sincère. Ces choses résultent toujours de la prédication de l’évangile de la grâce de Dieu.

Le mot «amour» est une meilleure traduction que celui de «charité» employé dans les anciennes versions. Il englobe ici, sans doute, l’amour pour Dieu, l’amour pour les croyants et l’amour pour le monde en général. Cet amour doit jaillir d’un cœur pur. Si la vie intérieure est impure, le véritable amour chrétien ne peut guère en découler. L’amour doit aussi dériver d’une bonne conscience, c’est-à-dire une conscience pure de toute offense envers Dieu et les hommes. Enfin, il doit être la conséquence d’une foi sincère, une foi qui ne porte pas de masque.

Un faux enseignement ne pourrait jamais produire ces choses que Paul a énumérées et qui ne sont en tout cas jamais l’aboutissement de fables et de généalogies interminables. C’est l’enseignement de la grâce de Dieu qui purifie le cœur, rend la conscience délicate, donne une foi sincère, et c’est l’amour qui en est le résultat.

Le verset 5 nous montre quel est le test de tout bon enseignement; celui-ci engendre-t-il de telles conséquences ?

Le faux enseignement concernant la loi (1.6-7)

1.6 Paul explique maintenant à Timothée que quelques-uns s’étaient détournés de ces choses : d’un cœur pur, d’une bonne conscience et d’une foi sincère. L’expression traduite par «détourner» signifie soit mal viser, soit manquer le but. C’est sans doute la première interprétation qui est la bonne ici. Ces hommes n’avaient pas essayé d’acquérir ces choses. Ils ne les avaient même pas visées. C’est pourquoi ils s’étaient égarés dans de vains discours. Leur prédication était sans objet, elle ne menait à rien, elle n’amenait pas les hommes à la sainteté.

Remarquez que Paul emploie fréquemment, dans cette épître, les mots «quelques» ou «quelques-uns». Au moment où il écrivait la première lettre à Timothée, ces faux enseignants représentaient une minorité dans l’église. Quand nous arriverons à la deuxième lettre à Timothée, nous verrons que ces termes sont plus rares. L’équilibre des forces a changé. L’abandon de la foi est devenu beaucoup plus général. La minorité est devenue la majorité.

1.7 Par ce verset, nous apprenons que les faux enseignants dont il est question dans les versets précédents étaient des judaïstes. Ces hommes cherchaient à mélanger le judaïsme et le christianisme, la loi et la grâce. Ils prétendaient que la foi en Christ n’était pas suffisante pour avoir le Salut. Ils insistaient en disant qu’il fallait être circoncis ou en respectant d’autres ordonnances, garder la loi de Moïse. Ils enseignaient que c’était la loi qui était la règle de vie du croyant.

Ce faux enseignement a existé dans tous les siècles de l’histoire de l’église et c’est cette plaie qui a le mieux réussi à corrompre la chrétienté jusqu’à aujourd’hui. Dans sa forme moderne, cette doctrine affirme que, si la foi en Christ est bien nécessaire pour être sauvé, on doit aussi être baptisé, ou se joindre à une église, ou garder la loi, ou faire pénitence, ou donner la dîme, ou encore accomplir d’autres genres de «bonnes œuvres». Ceux qui enseignent ce légalisme actuel ne réalisent pas que le Salut vient de la foi en Christ sans œuvres de loi. Ils ne comprennent pas que les bonnes œuvres sont le résultat du Salut, et non le moyen. On ne devient pas chrétien en faisant de bonnes œuvres ; on fait ces bonnes œuvres parce que l’on est chrétien. Ils ne voient pas que Christ, et non la loi, est la règle de vie du croyant. Ils ne comprennent pas qu’on ne peut être sous la loi sans être sous la malédiction. La loi condamne à mort tous ceux qui n’arrivent pas à garder ses préceptes sacrés. Puisque personne n’est capable d’obéir parfaitement à la loi, tous les humains sont condamnés à mort. Mais Christ a racheté les croyants de la malédiction de la loi parce qu’Il a été fait malédiction pour eux.

L’apôtre dit que ces prétendus enseignants de la loi ne comprenaient pas ce qu’ils disaient ni les choses qu’ils affirmaient avec tant d’assurance. Ils ne pouvaient parler intelligemment de la loi parce qu’ils ne comprenaient pas dans quel but elle avait été donnée ni la relation du croyant avec la loi.

Le véritable rôle de la loi (1.8-11)

1.8 L’apôtre explique avec beaucoup de clarté que la loi n’a rien de mauvais. «La loi donc est sainte, et le commandement est saint, juste et bon» (Romains 7.12). Mais la loi doit être utilisée dans la légalité. Elle n’avait jamais été donnée comme moyen de Salut (Actes 13.39 ; Romains 3.20 ; Galates 2.16, 21 ; 3.11). L’usage légitime de la loi est son emploi dans la prédication et l’enseignement de manière à produire une conviction de péché. Elle ne doit pas être présentée comme moyen de Salut ou comme règle de vie.

Quelqu’un a fait remarquer que les trois leçons que nous donne la loi sont : «Nous devons. Nous n’avons pas. Nous ne pouvons pas». Lorsque la loi a achevé son œuvre dans la vie d’un pécheur, alors cette personne est prête à crier à Dieu : «Seigneur sauve-moi par ta grâce». Ceux qui enseignent que la loi est essentielle pour le Salut ou la sanctification sont inconséquents. Ils disent que, si un chrétien viole la loi, il ne sera pas mis à mort car Christ est mort pour lui sur la croix. Cela n’établit pas l’autorité de la loi. On a dit avec raison que la loi sans pénalité n’est rien d’autre qu’une série de bons conseils.

1.9 La loi n’a pas été donnée pour des justes. Si un homme est juste, il n’a pas besoin de loi. Cela est vrai du chrétien. Quand il est sauvé par la grâce de Dieu, il n’a nul besoin d’être placé sous les dix commandements afin de vivre une vie sainte. Ce n’est pas la crainte de la punition qui fait vivre le chrétien pieusement, mais c’est son amour pour le Sauveur qui est mort au Calvaire.

L’apôtre décrit ensuite les gens pour lesquels la loi a été donnée. Nombre de commentateurs bibliques ont montré qu’il y a un rapport étroit entre cette description et les dix commandements eux-mêmes. Les dix commandements sont divisés en deux sections ; les quatre premiers concernent le devoir de l’homme vis-à-vis de Dieu (la piété), tandis que les six autres se rapportent à ses devoirs envers son prochain (la justice). Au verset 9 de notre chapitre, les mots suivants semblent correspondre à la première section des dix commandements : «pour les méchants et les rebelles, les impies et les pécheurs, les irréligieux et les profanes…». L’expression «les parricides» correspond au cinquième commandement : «Honore ton père et ta mère». On peut traduire cela par «ceux qui posent des mains violentes sur leurs père et mère». Le verbe signifie «frapper».

Le terme «meurtriers» est lié au sixième commandement : «Tu ne tueras point». Il ne s’agit pas de quelqu’un qui aurait tué par accident.

1.10 Les mots «les impudiques, les infâmes» se rapportent au péché sexuel. Ils décrivent les fornicateurs et les homosexuels. Ils sont donc liés au septième commandement : «Tu ne commettras point d’adultère».

Le terme «voleurs d’hommes» correspond évidemment au huitième commandement : «Tu ne déroberas point». Il s’agit du péché de rapt.

«Les menteurs, les parjures» sont en relation avec le neuvième commandement : «Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain».

La fin de l’énumération : «et tout ce qui est contraire à la saine doctrine» n’a pas un rapport direct avec le dixième commandement, mais semble revenir en arrière et les résumer tous.

1.11 II est difficile de comprendre le rapport du verset 11 avec ce qui précède. Ce verset pourrait signifier que la saine doctrine mentionnée au verset 10 est conforme à l’évangile. Il pourrait aussi vouloir dire que tout ce que Paul vient de dire de la loi dans les versets 8 à 10 est en parfaite harmonie avec l’évangile qu’il prêchait. Ou encore le sens peut être que tout ce que Paul a dit sur les faux enseignants dans les versets 1 à 10 est en accord avec le message de l’évangile.

En ce qui concerne les mots «l’Évangile de la gloire du Dieu bienheureux», la pensée n’est pas tant que l’évangile est glorieux, bien que ce soit vrai. L’emphase ici est sur le fait que l’évangile manifeste la gloire de Dieu d’une manière merveilleuse. L’évangile montre comment le Dieu qui est saint et juste est aussi un Dieu de grâce, de miséricorde et d’amour. Son amour a pourvu à ce que sa sainteté exigeait ; maintenant ceux qui reçoivent le Seigneur Jésus reçoivent la vie éternelle.

Tel est l’évangile qui a été confié à l’apôtre. Il est centré sur le Seigneur Jésus-Christ glorifié et déclare aux hommes qu’Il n’est pas seulement le Sauveur, mais aussi le Seigneur.

Gratitude de Paul pour son appel au service de Dieu (1.12-14)

1.12 Dans le passage précédent, l’apôtre Paul a décrit les faux enseignants qui cherchaient à imposer la loi aux croyants d’Éphèse. Cela lui rappelle sa propre conversion. Il n’avait pas été sauvé en gardant la loi, mais par la grâce de Dieu. L’apôtre n’était pas un homme juste, mais le premier des pécheurs. Les versets 12 à 17 paraissent illustrer l’usage légitime de la loi selon la propre expérience de Paul. La loi n’avait pas été pour lui un moyen de Salut, mais lui avait donné une conviction de péché.

Au verset 12, il éclate d’abord en louanges adressées à Jésus-Christ pour sa grâce efficace. Remarquez que l’accent n’est pas mis sur ce que Saul de Tarse a fait pour le Seigneur, mais sur ce que le Seigneur a fait pour lui.

L’apôtre était émerveillé de ce que le Seigneur Jésus, après l’avoir sauvé, l’avait encore jugé fidèle et l’avait engagé à son service. La loi n’aurait jamais pu déployer une telle grâce. Au contraire, ses termes inflexibles auraient condamné à mort le pécheur Paul.

1.13 Ce verset montre à l’évidence que Paul avait violé les dix commandements avant sa conversion. Il parle de lui-même comme d’un blasphémateur, d’un persécuteur et d’un homme violent. En tant que blasphémateur, il avait dit du mal des chrétiens et de leur chef, Jésus. Comme persécuteur, il avait cherché à mettre à mort les chrétiens parce qu’il sentait que cette nouvelle secte était une menace pour la religion juive. En exécutant ses plans malveillants, il faisait preuve de violence car il prenait plaisir à commettre des actes cruels et outrageux contre les croyants. Dans l’original, les mots «blasphémateur, persécuteur et homme violent» présentent une gradation ascendante de méchanceté. Le premier péché n’est qu’une affaire de paroles. Le second décrit la souffrance infligée à d’autres à cause de leurs croyances religieuses. Le troisième donne l’idée d’une extrême cruauté, de mauvais traitements.

Mais Paul avait obtenu miséricorde. Il n’avait pas reçu le châtiment qu’il méritait. La raison donnée est qu’il avait agi par ignorance, dans l’incrédulité. En persécutant les chrétiens, il croyait rendre service à Dieu. Puisque la religion de ses pères enseignait l’adoration du vrai Dieu, il en avait conclu que la foi chrétienne était opposée à l’Éternel de l’Ancien Testament. Avec tout le zèle et l’énergie qu’il possédait, il s’était efforcé de défendre l’honneur de Dieu en tuant les chrétiens.

Bien des gens soutiennent avec insistance que le zèle, la conviction et la sincérité sont ce qui importe à Dieu. Mais l’exemple de Paul prouve que le zèle ne suffit pas. En fait, si un homme agit mal, son zèle ne fait qu’aggraver le mal. Plus il a de zèle, plus il cause de tort.

1.14 Paul avait non seulement échappé au jugement qu’il méritait (la miséricorde), mais il avait aussi été l’objet d’une bonté imméritée (la grâce). Là où son péché avait abondé, la grâce de Dieu avait surabondé (Romains 5.20).

Le fait que la grâce du Seigneur n’avait pas été accordée à Paul en vain est indiqué par les mots «avec la foi et l’amour qui est en Jésus-Christ». Cela veut dire que la grâce qui avait été donnée à Paul était accompagnée de sa foi dans le Seigneur Jésus et de son amour pour lui. Bien sûr, cela pourrait signifier que, de même que la grâce venait du Seigneur, la foi et l’amour trouvaient leur origine en Christ. Cela semble toutefois plus clair si nous comprenons que Paul n’avait pas refusé la grâce de Dieu et qu’il y avait répondu en mettant sa confiance dans le Seigneur Jésus et en aimant celui qu’il avait haï autrefois.