Cours en ligne: Doctrines Essentielles de la Bible

Leçon: LEÇON 1 - La Bibliologie : l’étude de la Bible

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L’étude de ce que la Bible enseigne sur elle-même s’appelle la Bibliologie. La Bible affirme être une révélation de la part de Dieu au sujet de Lui-même.

La révélation

Le fait que Dieu soit capable de se révéler ne devrait même pas être mis en question. Une définition de Dieu qui nierait sa puissance surhumaine serait un contresens avec la notion de divinité. Nous-mêmes sommes en grande partie capables de partager notre pensée avec les êtres humains et à un moindre degré avec les animaux. Il est évident que Dieu peut se révéler aux hommes s’Il le désire. La question qui se pose est celle-ci : pourquoi le désirerait-Il ? Si Dieu veut que ses créatures obéissent à sa volonté, Il doit leur révéler quelle est cette volonté. Sinon il est difficile de concevoir pourquoi Dieu tiendrait les hommes responsables de leur désobéissance.

De plus, sans même parler de la révélation de l’amour de Dieu dans la Bible, il paraît évident que Dieu n’aurait pas créé la race humaine s’il n’avait pas eu envie de se révéler à elle. D’un autre côté, l’homme limité ne peut pas, par ses propres efforts, réussir à connaître le Dieu infini. La philosophie humaine est un exercice qui vise à comprendre la nature de l’univers. Ce désir de connaissance est noble en lui-même, mais de nombreux philosophes ont pour but de donner une explication du monde sans avoir recours à une véritable révélation divine. Pour cette raison la philosophie se résume souvent à une série de théories qui se contredisent et s’annulent les unes les autres.

Pour résumer, Dieu est capable de se révéler Lui-même, et il est raisonnable de supposer qu’Il a donné une révélation à l’homme. La prochaine question qui se pose est celle-ci : La Bible est-elle la révélation que Dieu donne de Lui-même ?

La Bible est-elle la révélation que Dieu donne de Lui-même ?

Il existe de nombreux livres religieux. Certains parmi eux, comme le Coran et le Livre de Mormon, prétendent être une révélation de la part de Dieu. La Bible affirme qu’elle est la révélation donnée par Dieu, et, sur la seule base des preuves, il est plus probable qu’elle le soit, en comparaison à tous les autres livres religieux que l’homme possède.

Regardons un peu ces preuves. Pour commencer, il y a l’unité de la Bible. Ce livre unique contient soixante-six livres différents. Ces livres ont été écrits par une quarantaine de personnes – rois, bergers, prédicateurs, fermiers, sacrificateurs, etc. Entre le premier écrivain et le dernier, quelques 1500 ans se sont écoulés. Imaginez un livre de nos jours dont certaines parties auraient été écrites en l’an 500 de notre ère, d’autres vers l’an 1000, plusieurs entre 1200 et 1400 de notre ère, puis, après une période de 400 ans sans écrits, vingt-sept livres très importants auraient été écrits et ajoutés à la collection depuis 1900.

Nous pourrions penser que tous ces livres se contrediraient et seraient tous différents les uns des autres. Bien que les soixante-six livres de la Bible aient été écrits sur une telle période - à partir de 1400 ans environ avant Jésus-Christ jusqu’à l’an 100 de notre ère – ils parlent tous d’une seule personne importante, le Seigneur Jésus-Christ. Le Christ est le thème qui unit tous les livres de la Bible.

Certaines personnes disent que la Bible n’est pas véridique parce que quelques versets en contredisent d’autres. Il est vrai que nous rencontrons des problèmes de compréhension dans l’étude de la Bible, mais il est également vrai que presque toutes ces apparentes contradictions peuvent être résolues par une étude soigneuse de l’Écriture, ce qui tend à faire ressortir encore plus clairement les beautés de l’Écriture. Quant aux « contradictions » irrésolues, nous pouvons les attribuer à la capacité limitée de l’homme pour comprendre la sagesse et la connaissance infinies de Dieu.

L’histoire ancienne soutient l’affirmation de la Bible qu’elle est une révélation divine. Les historiens les plus fiables de l’antiquité citent invariablement la Bible comme un document digne de confiance. Les archéologues fouillent dans les ruines des cités anciennes et trouvent des preuves qui les aident à comprendre l’histoire ancienne. Parfois certaines découvertes semblent être en désaccord avec la Bible, et trop souvent on présume que la Bible doit avoir tort et l’historien ancien raison. Ces dernières années, pourtant, même les historiens non-religieux ont tendance à rétablir le bien-fondé de la Bible en tant que document historique fiable.

Bien des objections à l’exactitude historique de la Bible sont basées sur l’idée préconçue selon laquelle les miracles seraient impossibles. Mais toute personne qui réfléchit doit admettre que si Dieu existe vraiment, Il est capable d’agir d’une manière surnaturelle, et que c’est ce qu’on attendrait logiquement de sa part.

L’accomplissement de prophéties bibliques est une autre preuve de ce que Dieu s’est révélé Lui-même dans la Bible. Des siècles avant la venue du Christ, les prophètes de Dieu ont prédit quand, où et de quelle manière il naîtrait, comment il mourrait, et qu’il ressusciterait des morts. De nombreux détails prophétisés dans l’A.T. se voient accomplis dans le N.T. Seul Dieu peut donner une telle connaissance précise plusieurs siècles avant l’heure.

Certains non-croyants essaient de contourner cette preuve remarquable en disant que les prophéties ont été rédigées après que les événements ont eu lieu, ou que les écrivains du N.T. ont ajouté des détails imaginaires pour suggérer l’accomplissement des prophéties. Le but en était de tromper le peuple, insinuent-ils. Mais une étude sérieuse et détaillée démontrera que ces explications ne sont pas fondées.

Un autre aspect remarquable de la Bible est sa capacité et son pouvoir de convaincre les hommes de leur péché. L’A.T. donne la loi sainte de Dieu, si sainte qu’aucun homme n’ait pu l’observer parfaitement. Dans le N.T. est décrite la vie du seul homme parfait, le Seigneur Jésus-Christ. Si quelqu’un pense pouvoir observer la loi de Dieu, qu’il essaie d’atteindre les perfections de Jésus. La Bible établit une norme très élevée. En lisant la Bible des millions de personnes ont compris leur propre échec et se sont sentis condamnées par Dieu.

La puissance de la Bible pour transformer des vies est une autre évidence de son origine divine. Nous ne pourrions connaître ni la paix ni la joie si la Bible nous laissait simplement un sentiment de condamnation. Mais celui-ci est seulement une préparation pour recevoir le message du salut. La Bible nous parle d’un Sauveur si merveilleux qu’aucun homme dans aucun autre livre du monde ne lui est comparable. À la base, chaque livre religieux dit aux hommes ce qu’il faut faire pour être sauvé. Seul le christianisme biblique nous dit que c’est le Christ qui a payé la pénalité du péché et que tout est accompli. Le plan du salut de Dieu est de loin trop merveilleux, trop simple et trop beau pour être l’œuvre d’un homme. De nombreuses vies ont été complètement changées par le message du Christ ; riches et pauvres, pieux et mondains, non-Juifs et agnostiques – des millions de personnes ont trouvé la paix par le message de la Bible.

La préservation de la Bible et sa valeur qui perdure constituent une autre évidence de son caractère divin. Certains rejettent la Bible parce que c’est un livre ancien. Le fait même que la Bible soit un livre si ancien est important. Dieu l’a préservée à travers les siècles. Bien sûr, il existe d’autres livres anciens, mais aucun d’eux n’a nécessité autant de miracles pour survivre aux innombrables tentatives de la détruire, comme l’a fait la Bible. Dieu l’a préservée pour nous jusqu’à aujourd’hui parce qu’elle est Sa Parole.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Si la Bible est si démodée, si la science avait prouvé qu’elle est remplie d’erreurs, nous aurions pu penser que personne n’en voudrait plus. Mais à vrai dire elle est diffusée en plus grand nombre que jamais auparavant. Au moins une partie de la Bible a été traduite en plus de 2479 langues, selon la Société Biblique Française. Il est probable que 95 pour cent de la population mondiale peut comprendre une ou plusieurs de ces langues. Chaque année trente millions d’extraits de la Parole de Dieu sont imprimés et distribués. Pour ces raisons parmi d’autres, toute personne à l’esprit ouvert peut se tourner vers la Bible et s’attendre à entendre la voix de Dieu lui parler à travers elle.

L’inspiration

Nous avons parfois tendance à utiliser les mots « inspiration » et « révélation » comme s’ils étaient interchangeables. Le mot « révélation » est mieux compris s’il est utilisé uniquement pour les parties des Écritures que l’écrivain n’aurait pas pu connaître sans avoir reçu une communication spéciale avec Dieu. Par exemple, l’histoire de la création n’aurait pas pu être connue de Moïse, qui a écrit la Genèse, si Dieu ne la lui avait révélée. D’un autre côté, plusieurs parties de la Bible sont le témoignage de ce que l’écrivain a vu ou a fait, ou a appris par d’autres. Ces écrivains ont été inspirés par Dieu pour écrire certains incidents de l’histoire et pour en omettre bien d’autres. Pourquoi une telle sélection ? Le Saint-Esprit nous a donné dans la Bible exactement ce dont nous avons besoin, et rien de plus. « Toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice. » (2 Ti 3.16) Ainsi nous pouvons dire que la Bible contient de nombreuses révélations de la part de Dieu, mais que toutes les Écritures sont inspirées de Dieu. L’inspiration plénière veut dire que tous les sujets dont parle la Bible sont entièrement inspirés. L’inspiration verbale veut dire que les mots même de la Bible sont inspirés. Nous verrons la véracité de ces affirmations lorsque nous étudierons ce que la Bible dit sur elle-même.

L’A.T. affirme qu’il est inspiré de Dieu. Nous y lisons souvent : « Ainsi parle l’Éternel » ou « Dieu dit à Josué », etc. Ces expressions et d’autres qui leur ressemblent se retrouvent des milliers de fois dans l’A.T. Par exemple, Moïse a affirmé que Dieu lui a parlé : « Dieu l’appela de l’intérieur du buisson et dit : Moïse ! Moïse ! » (Ex 3.4). « L’Éternel m’a dit » (De 1.42), « En ce temps-là l’Éternel me commanda » (De 4.14), etc. David a affirmé que Dieu lui a parlé. « L’Esprit de l’Éternel parle par moi, Et sa parole est sur ma langue. Le Dieu d’Israël a parlé, Le rocher d’Israël m’a dit. » (2 S 23.2, 3)

Les seize prophètes qui ont écrit d’Ésaïe à Malachie ont affirmé que Dieu leur a parlé. Jésus-Christ a enseigné que l’A.T. était inspiré de Dieu – la Loi (Mt 5.18 ; Marc 7.8) ; les Prophètes (Jean 6.45) ; en général (Luc 16.29-31 ; Jn 17.17). Les apôtres croyaient aussi que l’A.T. était inspiré de Dieu. Pierre a dit : « Le Saint-Esprit… a annoncé… par la bouche de David » (Ac 1.16). « C’est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu » (2 Pi 2.21). Paul a écrit : « le Saint-Esprit, parlant à vos pères par le prophète Ésaïe, a dit… » (Ac 28.25). « Toute l’Écriture est inspirée de Dieu » (littéralement : soufflée par Dieu) (2 Ti 3.16). 2 Pi 1.21 et 2 Ti 3.16 sont les versets classiques sur l’inspiration; il est bon de les apprendre par cœur pour les méditer.

Lorsque Jésus-Christ était sur la terre il a promis à ses disciples que le Saint-Esprit les aiderait à rédiger le N.T. Il leur a dit : « Le Saint-Esprit… vous rappellera tout ce que je vous ai dit » (Jean 14.26). L’Esprit allait donc les aider à écrire les Évangiles. Jésus a encore dit : « Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité » (Jean 16.13). L’Esprit allait aussi les aider à écrire les Épîtres, qui nous transmettent les merveilleuses vérités du N.T. Jésus-Christ a également dit du Saint-Esprit : il « vous annoncera les choses à venir » (Jean 16.13). Cette prophétie a été accomplie en partie lorsque Jean a écrit le livre de l’Apocalypse, et en partie lorsque les autres apôtres ont écrit des passages prophétiques.

Les écrivains du N.T. savaient qu’ils étaient contrôlés par l’Esprit. Paul a écrit : « À nous, Dieu nous l’a révélé par l’Esprit » (1 Co 2.10). « Ce que je vous écris est un commandement du Seigneur » (1 Co 12.37). « C’est par révélation que j’ai eu connaissance du mystère » (Ep 3.3, 5). « L’Esprit dit expressément » (1 Ti 4.1) Jean savait qu’il était inspiré de Dieu (voir Ap 1.1 ; 14.13 ; 19.9).

Pierre (1 Pi 1.12) et Paul (Gal 1.12) savaient tous les deux que l’Évangile était de Dieu. Ces hommes savaient depuis l’enfance que l’A.T. était inspiré de Dieu. Le Saint-Esprit leur a montré que le N.T. était également inspiré. Par exemple, dans 1 Co 15.3-4, les Évangiles sont associés aux Écritures de l’A.T. et placés sur un pied d’égalité avec elles. La mort, l’ensevelissement et la résurrection de Jésus-Christ sont rapportés « selon les Écritures ». Dans 1 Ti 5.18 Paul cite à la fois le Deutéronome et l’Évangile selon Luc et les appelle tous deux « l’Écriture ». Dans 1 Pi 1.25, l’Évangile est placé sur un pied d’égalité avec la parole de l’Éternel dans Ésaïe ; les deux sont inspirés de Dieu et éternels. Dans 2 Pi 3.2, un lien est établi entre les apôtres et les prophètes, et au v. 16 entre les épîtres de Paul et les « autres Écritures ».

L’inspiration a-t-elle des limites ? Nous avons vu que la Bible enseigne qu’elle est pleinement et verbalement inspirée de Dieu. Pour nous aider à comprendre ce que cela veut dire, nous allons aussi étudier ce que cela ne veut pas dire.

Les écrivains d’origine ont gardé leur individualité. Chacun écrivait sous l’inspiration de Dieu, mais la personnalité de l’écrivain n’en a pas été éliminée pour autant. Chaque auteur a exprimé sa propre individualité de manière notable. Par exemple, le style et le ministère de Jérémie, « le prophète pleureur », sont très différents de ceux d’Ésaïe ou d’Ézéchiel. Matthieu, qui était Juif, a écrit son Évangile surtout pour les Juifs, mais Luc, qui n’était pas Juif, semble écrire surtout pour les Grecs. Il est remarquable que les personnalités de Paul, de Pierre, de Jacques et de Jean se voient à travers leurs écrits inspirés. Pour autant que nous le sachions, tous les manuscrits d’origine (les « autographes ») de tous ces auteurs choisis par Dieu ont été perdus il y a bien longtemps. Dieu dans sa sagesse a permis cela, sans doute pour qu’on n’en fasse pas des objets de culte ou des reliques (comparez avec 2 R 18.4). Cependant Dieu a préservé des copies de toute excellence, qui sont essentiellement les mêmes que les documents d’origine, jusqu’aux mots utilisés.

À cause des différences entre les langues il est impossible d’avoir une traduction parfaite. Cependant, les traductions dont nous disposons sont tout à fait suffisantes pour l’étude et la lecture personnelle. Les différentes traductions Segond et la Bible du Semeur sont très satisfaisantes tant pour l’étude approfondie que pour la mémorisation et la prédication. D’autres traductions, comme “La Bible en Français courant”, sont d’une lecture plus facile. Enfin nous trouvons des traductions paraphrasées comme “Parole de Vie”. Il faut garder à l’esprit qu’en général les versions plus faciles à lire sacrifient un peu l’exactitude de la pensée pour rendre le texte français aussi fluide que possible.

Les écrivains inspirés ont souvent fait preuve de réticence dans ce qu’ils ont écrit. Parfois ils auraient aimé en écrire davantage mais le Saint-Esprit les en a retenus. Par exemple, dans le livre de l’Apocalypse, Jean allait rapporter le message des sept tonnerres mais on lui a dit de ne pas le faire (10.4). L’auteur de l’épître aux Hébreux voulait écrire sur Melchisédek (5.11), mais il en a été empêché. Jude avait prévu d’écrire au sujet du salut, mais il a trouvé nécessaire d’exhorter vivement les croyants à combattre pour la foi (v. 3). Dans ce qu’ils ont écrit et dans ce qu’ils n’ont pas écrit, tous ces auteurs bibliques ont été poussés et retenus par l’Esprit de Dieu.