Cours en ligne: L'évangile selon Luc

Leçon: La naissance et l’enfance de Jésus (1.1-2.52)

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Introduction

Dans les quatre évangiles, nous avons 4 comptes rendus de la vie d’un homme parfait. Ceci est une des plus grandes preuves de l’inspiration des Écritures. Un simple homme ne pourra pas écrire une biographie d’une vie parfaite, sans tache. Mais dans les évangiles nous avons 4 biographies de la sorte.
La répétition de 4 comptes rendus de la vie de Christ peut sembler sans raison hormis le fait que chaque évangéliste présente le Seigneur Jésus d’un point de vue différent : Matthieu comme le roi d’Israël ; Marc comme le serviteur parfait ; Luc comme le Fils de l’homme et Jean comme le Fils de Dieu.
Les évangiles n’entendent pas donner un récit complet de la vie de Christ. Ils contiennent des événements choisis avec soin : l’essentiel des 3 années de son ministère public, principalement sa mort, sa mise au tombeau et sa résurrection. Les trois premiers évangiles contiennent peu d’appels d’évangélistes présentant le salut, mais pose le fondement de l’évangile en racontant la mort, la mise au tombeau et la résurrection du Seigneur Jésus.
Parfois les récits dans les évangiles semblent se contredire. Comment devons nous réagir quand nous constatons ces différences ? Elles sont inspirées de Dieu. Au lieu d’être des contradictions, ces récits sont spécifiquement désignés par l’Esprit de Dieu pour souligner des vérités spirituelles d’une profonde signification. Ces différences ne sont pas des contradictions, mais une nourriture spirituelle ; elles donnent intentionnellement matière à réflexion au croyant qui veut méditer.
Les Évangiles ne présentent pas toujours les événements dans l’ordre chronologique où ils se sont produits. Il est bon de savoir d’emblée que le Saint-Esprit regroupe souvent les événements en fonction des leçons morales qui s’en dégagent. Kelly déclare : « Nous verrons au cours de notre étude que Luc suit essentiellement un ordre moral, qu’il classe les faits, les conversations, les questions, les réponses et les discours de notre Seigneur selon leur interconnexion intérieure et non selon la simple succession extérieure des événements, qui est en réalité la forme la plus primitive et la plus infantile de la narration. Il est beaucoup plus difficile pour l’historien, à la différence du simple chroniqueur, de regrouper les événements avec leurs causes et leurs conséquences dans un ordre moral. Dieu peut se servir de Luc pour accomplir cette tâche à la perfection. »

Luc présente : le Fils de l’homme, à la fois fort et compatissant. L’auteur souligne magistralement son humanité. Ainsi, il insiste davantage que les autres évangélistes sur la vie de prière de Jésus. Il rapporte souvent son émotion et sa compassion. Les femmes et les enfants occupent une place de choix dans cet Évangile. Celui-ci est aussi connu comme l’Évangile missionnaire : l’Évangile atteint les non-Juifs, et le Seigneur Jésus est présenté comme le Sauveur du monde. Enfin, cet Évangile est un manuel du disciple : le Seigneur ouvre la voie à ceux qui l’écoutent et pose les principes de la vie du disciple dans ses enseignements. Dans ce cours, nous nous attacherons particulièrement à cet aspect de l’Évangile. Dans la vie de l’Homme parfait, nous découvrirons l’idéal vers lequel tous les hommes doivent tendre. Ses paroles incomparables nous révéleront le chemin sur lequel il nous encourage à marcher, celui de la croix.
En nous penchant maintenant sur l’Évangile de Luc, puissions-nous entendre l’appel du Sauveur à tout quitter pour le suivre. L’obéissance est la clé de la connaissance spirituelle. Au fur et à mesure que nous ferons nôtres les expériences décrites, le sens des Écritures nous deviendra plus clair et plus précieux.

Plan :

1.    La naissance et l’enfance de Jésus – les 12 premières années (1.1-2.38; 2.41-50)
2.    Les années passées sous silence en Nazareth (2.39, 40, 51-52)
3.    Trois ans de ministère public de la vie de Jésus (3.1-19.28)
       a.   ministère en Galilée (4.14 à 9.51)
       b.   ministère en Pérée (10.1 à 19.28)
4.    La dernière semaine – Jérusalem et les alentours (19.29-23.56)
5.    La résurrection et l’ascension (24.1-53)

Le comment et pourquoi de cet évangile (1.1-4)

Dans sa préface, Luc se révèle comme un historien. Il cite ses sources d’informations et la méthode qu’il a suivie. Puis il donne la raison de son livre. Humainement parlant, il disposait de deux types de matériaux : les documents écrits sur la vie de Christ et les témoignages oraux de ceux qui furent les témoins oculaires des événements de sa vie.
1.1 Les traces écrites sont mentionnées au v. 1 : “Plusieurs ayant entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous…”  Nous ne savons pas qui furent ces auteurs. Peut-être Matthieu et Marc en faisaient-ils partie, mais d’autres sans doute composèrent également des récits non inspirés. Quant à Jean, il écrivit plus tard.
1.2 Mais Luc s’appuie aussi sur le témoignage oral de “ceux qui ont été des témoins oculaires dès le commencement et sont devenus des ministres de la Parole”. Luc ne prétend pas être lui-même un témoin oculaire, mais il eut des entretiens avec ceux qui l’étaient. Il présente ces associés du Seigneur comme des témoins oculaires et des ministres de la Parole. Comme Jean, Luc identifie la Parole à Christ. Le commencement évoque le début de l’ère chrétienne proclamée par Jean-Baptiste.
Le fait que Luc se soit servi d’écrits antérieurs et de témoignages oraux n’enlève rien à l’inspiration de son travail. Le Saint-Esprit a guidé l’auteur dans le choix et l’arrangement de son matériau.
« Luc prouve clairement que les auteurs inspirés n’étaient pas miraculeusement exemptés du devoir de procéder à des enquêtes historiques sérieuses. Dans le processus de l’inspiration, Dieu n’intervient pas magiquement en laissant de côté l’intelligence et les aptitudes humaines. Dieu fait connaître Sa volonté par le moyen des facultés et de l’esprit humains. L’inspiration ne supprime pas la personnalité de l’auteur et ne fait pas de lui l’automate de Dieu. Au contraire, elle tient compte de sa personnalité et fait de lui le témoin vivant de Dieu.**James S. Stewart, The Life and Teaching of Jesus-Christ, p. 9.**

1.3 Luc indique brièvement la raison qui l’a poussé à écrire et la méthode qu’il a suivie : “il m’a aussi semblé bon, après avoir fait des recherches exactes sur toutes ces choses depuis leur origine, de te les exposer par écrit d’une manière suivie, excellent Théophile”. Le motif est succinct : il m’a aussi semblé bon. Luc avait la tranquille conviction qu’il devait écrire l’Évangile. Nous savons évidemment que ce sentiment humain était inspiré par Dieu.
Quant à la méthode, Luc a d’abord fait des recherches exactes sur toutes ces choses depuis leur origine, puis il les a exposées en suivant un ordre précis. Son travail exigeait des enquêtes minutieuses et scientifiques à propos des événements de la vie du Sauveur. L’auteur a vérifié l’exactitude de ses informations, éliminé tout ce qui n’était pas historiquement vrai ou spirituellement utile, puis il a rassemblé le résultat de ses recherches dans l’Évangile que nous détenons aujourd’hui. En déclarant avoir écrit d’une manière suivie, Luc ne dit pas qu’il a respecté un ordre chronologique. Les récits qu’il rapporte ne sont pas toujours présentés dans l’ordre où ils se sont déroulés. La narration suit plutôt un ordre moral ou spirituel : les événements sont regroupés par thèmes ou par leçons morales plutôt que par dates.
Bien que cet Évangile et le livre des Actes soient adressés à Théophile, nous ne savons pratiquement rien de cet homme. Son titre, excellent, peut indiquer qu’il s’agissait d’un personnage officiel. Son nom signifie « ami de Dieu ». C’était probablement un chrétien qui occupait un rang élevé et était chargé de grandes responsabilités dans l’administration extérieure de l’empire romain.
1.4 Le but de Luc était de donner à Théophile un compte rendu écrit qui devait confirmer la véracité de tout ce qui lui avait été enseigné sur la vie et le ministère de Jésus-Christ. La nature écrite de ce message devait assurer sa fixité et le préserver ainsi des dénaturations d’une transmission orale continue. Les v. 1-4 éclairent donc sommairement les circonstances humaines qui ont présidé à la rédaction de ce livre biblique. Nous savons que Luc a écrit sous l’inspiration divine. Il ne mentionne pas ce fait, bien qu’il puisse y faire allusion dans les mots depuis leur origine, qui pourraient se traduire par d’en haut. **Ce même mot (anothen) apparaît dans Jean 3.7 : “ Il faut que vous naissiez de nouveau ” (ou “ d’en haut ”). ** 

Un couple pieux mais sans enfant (1.5-7)

1.5, 6 Luc commence son récit en nous présentant les parents de Jean-Baptiste. Ils vivaient du temps d’Hérode le Grand, roi de Judée. Ce monarque était Iduméen, c’est-à-dire un descendant d’Esaü.
Zacharie, nom qui signifie « Dieu se souvient », était sacrificateur de la classe d’Abia, l’une des 24 subdivisions de Lévites instituées par David (1 Chronique 24.10). Chaque classe devait assurer le service du temple à Jérusalem, deux fois par an, d’un sabbat au sabbat suivant. Il y avait tellement de sacrificateurs à cette époque que l’occasion d’offrir le parfum dans le lieu saint n’arrivait qu’une fois dans la vie, et encore.
Élisabeth, nom qui signifie « le serment de Dieu », descendait aussi de la famille d’Aaron. Elle et son mari étaient des Juifs pieux qui observaient scrupuleusement les lois de l’A.T., aussi bien morales que cérémonielles. Certes, ils n’étaient pas sans péché, mais lorsqu’ils avaient enfreint la loi de Dieu, ils offraient les sacrifices requis.
1.7 Le couple n’avait pas d’enfants, ce qui était un sujet d’opprobre chez les Juifs. Un facteur joue contre eux : ils étaient l’un et l’autre avancés en âge.

L’annonce de la naissance du précurseur (1.8-17)

1.8-10 Un jour, Zacharie alla accomplir son service dans le temple. Ce dut être un jour mémorable pour lui, car le sort l’avait désigné pour offrir le parfum dans le lieu saint. La multitude se tenait dehors en prière. On ne sait pas exactement à quel moment correspond l’heure du parfum.
Il est remarquable que l’Évangile s’ouvre sur cette vue d’un peuple en prière devant le temple, et qu’il se referme sur la mention d’un peuple qui loue Dieu au temple. Les chapitres qui suivent diront comment Dieu a exaucé la prière de cette multitude dans la personne et l’œuvre du Seigneur Jésus.
1.11-14 Ce moment où le sacrificateur et la foule priaient conjointement était bien choisi pour une révélation divine. Un ange du Seigneur apparut à Zacharie, et se tint debout à droite de l’autel, à la place favorable. Zacharie fut d’abord saisi d’effroi ; aucun de ses contemporains n’avait jamais vu d’ange. Mais celui-ci le rassura en lui annonçant une nouvelle merveilleuse. Elisabeth aurait un fils qu’il devrait nommer Jean, ce qui signifie « la grâce de Jéhovah ». En plus de la joie et de l’allégresse que devait procurer cet enfant à ses parents, il serait aussi une source de bénédiction pour plusieurs.
1.15 Cet enfant serait grand devant le Seigneur ; c’est la seule grandeur qui compte. Il serait d’abord grand par sa consécration à Dieu ; il ne devrait boire ni vin (obtenu à partir de raisins), ni liqueur enivrante (distillée à partir de céréales). Il serait grand aussi par son rayonnement spirituel ; il serait rempli du Saint-Esprit dès le sein de sa mère. Cela ne signifie pas que Jean eut été sauvé ou converti dès sa naissance, mais simplement que l’Esprit de Dieu reposait sur lui dès le commencement pour le préparer à sa mission spéciale de précurseur de Christ.
1.16, 17 Enfin, il serait grand à cause de son rôle de messager du Messie. Il allait ramener plusieurs des Israélites au Seigneur. Son ministère ressemblerait à celui du prophète Elie et consisterait à inciter le peuple à renouer le contact avec Dieu par la repentance. Par sa prédication, il devait toucher le cœur des parents insouciants et leur donner un véritable fardeau spirituel pour leurs enfants. Il devait également toucher le cœur des enfants désobéissants et rebelles et les amener à « la sagesse des justes ». ** G. Coleman Luck, Luke, p. 17. **
En d’autres mots, il devait s’efforcer d’extraire de la multitude un groupe de croyants prêts à rencontrer le Seigneur au moment où Celui-ci apparaîtrait. C’est aussi la noble mission qui nous est confiée.
Notons en passant comment la divinité de Christ est sous-entendue dans ce passage. Le v. 16 déclare que Jean ramènera plusieurs des fils d’Israël au Seigneur, leur Dieu. Puis le v. 17 ajoute que Jean marchera devant lui. De qui peut-il s’agir ? Évidemment du Seigneur, leur Dieu, mentionné au verset précédent. Or, nous savons que Jean a été le précurseur de Jésus. La conclusion s’impose : Jésus est Dieu.

L’incrédulité, la silence et la restauration de Zacharie (1.18-25)

1.18 Le vieux Zacharie était sceptique quant à l’accomplissement d’une telle promesse. Lui et sa femme étaient trop âgés pour avoir un enfant. Sa question à l’ange trahit tout le doute de son cœur.
1.19 L’ange répondit en se présentant : Je suis Gabriel (le fort de Dieu). Bien qu’on l’assimile souvent à un archange, l’Écriture ne le mentionne que comme celui qui se tient devant Dieu et qui transmet les messages de Dieu aux hommes (Daniel 8.16; 9.21).
1.20 Puisque Zacharie avait douté, il serait privé de l’usage de la parole jusqu’à la naissance de l’enfant. Chaque fois qu’un croyant met en doute la Parole de Dieu, son témoignage et son chant perdent de leur pouvoir. L’incrédulité scelle les lèvres qui restent fermées jusqu’à ce que la foi revienne et éclate en louanges et en témoignage.
1.21, 22 Dehors, le peuple attendait avec impatience ; d’habitude, le sacrificateur qui offrait le parfum ressortait plus vite. Quand finalement Zacharie sortit, il dut communiquer avec la foule par des signes. Alors, les Juifs comprirent qu’il avait eu une vision dans le temple.
1.23 Lorsque son temps de service au temple fut écoulé, le sacrificateur rentra chez lui, incapable de parler comme l’ange l’avait annoncé.
1.24, 25 Quand Elisabeth vit qu’elle était enceinte, elle se cacha chez elle pendant cinq mois, tout en se réjouissant de ce que le Seigneur avait ôté l’opprobre de sa stérilité.

L’annonce à Marie de la naissance du Messie (1.26-38)

1.26, 27 Au sixième mois l’ange Gabriel apparut cette fois à une vierge du nom de Marie qui vivait dans la ville de Nazareth, en Galilée. Marie était fiancée à un homme nommé Joseph, un descendant de la lignée de David et à ce titre l’un des prétendants légaux au trône, bien qu’il fût simple charpentier. À cette époque, les fiançailles étaient considérées comme un engagement plus solide que de nos jours. En fait, elles ne pouvaient être rompues que par une décision juridique semblable à celle du divorce.
1.28 En saluant Marie, l’ange la qualifia de « femme à qui une grâce a été faite », une femme à qui le Seigneur accordait un privilège spécial. Notons deux points importants :
1.   L’ange n’a pas adoré Marie et ne lui a pas adressé de prière ; il l’a simplement saluée.
2.   Il n’a pas dit qu’elle était « pleine de grâce », mais simplement bénéficiaire d’une grâce. ** Le grec emploie un participe à la voie passive, indiquant par là qu’elle reçut la faveur. L’expression lat. gratia plena (“ pleine de grâce ”) a été employée à tort pour enseigner que Marie est une source de grâce. Cela souligne la nécessité d’une traduction exacte. **
1.29, 30 On comprend que Marie ait été troublée par cette salutation et qu’elle se soit demandé ce qu’elle signifiait. L’ange calma ses frayeurs et lui annonça que Dieu l’avait choisie pour devenir la mère du Messie tant attendu.
1.31-33 Soulignons les vérités importantes contenues dans l’annonciation :
1.    la réelle humanité du Messie : tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils ;
2.    sa dignité et sa mission de Sauveur : tu lui donneras le nom de Jésus, ce qui signifie « Jéhovah est Sauveur » ;
3.    son essentielle grandeur : Il sera grand, à la fois dans sa personne et par son œuvre ;
4.    son identité de Fils de Dieu : Il sera appelé Fils du Très-Haut ;
5.    ses prétentions légales au trône de David : le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Cette déclaration fait de lui le Messie ;
6.    son règne éternel et universel : Il régnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n’aura point de fin.
De toute évidence, le v.31 et la 1ère partie du v. 32 s’appliquent à la première venue de Christ, tandis que la 2ème partie du v. 32 et v. 33 décrivent sa deuxième venue comme Roi des rois et Seigneur des seigneurs.

1.34,35 En posant la question : Comment cela se fera-t-il ? Marie exprime son étonnement et non un doute. Comment pouvait-elle porter un enfant dans son sein alors qu’elle n’avait jamais eu de relations intimes avec un homme ? Bien que l’ange n’ait pas prononcé ces mots, il s’agissait en fait d’une naissance virginale. C’est un miracle du Saint-Esprit. Celui-ci allait venir sur elle, et la puissance de Dieu la couvrir de son ombre. À la question stupéfaite de Marie : Comment ?, tellement cela semble impossible à vues humaines, Dieu répond : « Le Saint-Esprit ».
“C’est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu”. Nous avons dans ces paroles une fantastique affirmation de l’incarnation. Le fils de Marie sera Dieu manifesté en chair.
1.36, 37 L’ange informa ensuite Marie qu’Élisabeth, sa parente, autrefois stérile, était dans son sixième mois de grossesse. Ce miracle devait confirmer à Marie qu’à Dieu, rien n’est impossible.
1.38 Dans une admirable soumission, Marie s’abandonna au Seigneur pour qu’Il accomplisse son merveilleux dessein. Puis l’ange la quitta.

Marie rend visite à Élisabeth (1.39-45)

1.39, 40 Il ne nous est pas dit pourquoi Marie se rendit chez Élisabeth à ce moment. Peut-être était-ce pour éviter le scandale qu’aurait immanquablement provoqué à Nazareth la découverte de sa grossesse. Si tel était le cas, Marie dut être doublement sensible aux paroles de bienvenue que lui adressa Elisabeth et à la gentillesse qu’elle lui manifesta.
1.41 Dès qu’Élisabeth entendit la voix de Marie, son enfant tressaillit dans son sein, réaction mystérieuse et involontaire du futur précurseur à l’arrivée du Messie encore caché dans le sein de Marie. Élisabeth fut remplie du Saint-Esprit qui prit le contrôle de son être, inspirant ses paroles et ses actes.
Dans ce 1er chapitre, trois personnes sont déclarées remplies du Saint-Esprit : Jean-Baptiste (v. 15), Élisabeth (v. 41) et Zacharie (v. 67).
L’une des marques de la vie de plénitude de l’Esprit se manifeste par la formulation de Psaumes, par des hymnes et des cantiques spirituels (Ephésiens 5.18, 19). Il n’est donc pas étonnant de trouver trois chants dans ce chapitre et deux dans le suivant. Quatre de ces cantiques sont habituellement désignés par leur titre latin, tiré du 1er vers : (1) la salutation d’Élisabeth (1.42-45) ; (2) le Magnificat (« il exalte », 1.46-55) ; (3) le Benedictus (« béni », 1.68-79) ; (4) Gloria in Excelsis Deo (« Gloire à Dieu dans les lieux très hauts », 2.14) et (5) Nunc Dimittis (« Maintenant, tu laisses s’en aller », 2.29-32).
1.42-45 Sous l’effet d’une inspiration spéciale, Élisabeth accueillit Marie comme la mère de son Seigneur. Pas la moindre trace de jalousie dans son cœur, uniquement la joie et le ravissement devant ce fait prodigieux : le bébé à naître serait son Seigneur.
Si Marie était bénie entre les femmes, c’était en raison du privilège d’avoir été choisie pour donner naissance au Messie. Le fruit de son sein était béni parce qu’Il n’était rien moins que Seigneur et Sauveur.
La Bible ne présente jamais Marie comme « la mère de Dieu ». S’il est vrai qu’elle était la mère de Jésus et que Jésus est Dieu, c’est néanmoins une absurdité théologique de prétendre que Dieu avait une mère. Jésus préexistait de toute éternité, alors que Marie était une créature finie qui avait eu un commencement. Elle a été la mère de Jésus uniquement dans son incarnation.
Élisabeth raconta ensuite comment son bébé avait soudain tressailli dans son sein quand Marie avait parlé et assura sa parente que sa foi serait abondamment récompensée. Son attente serait comblée. Elle n’avait pas cru en vain. Son enfant naîtrait conformément à la promesse divine.

Marie exalte le Seigneur (1.46-56)

1.46-49 Le Magnificat n’est pas sans rappeler le cantique d’Anne (1 Samuel 2.1-10). Marie commence par louer le Seigneur pour ce qu’Il a fait en sa faveur (v. 46-49). Prêtons attention à ses paroles : toutes les générations me diront bienheureuse, affirme-t-elle. Elle ne se voit pas comme conférant elle-même des bénédictions, mais comme une femme bénie par les autres. Elle appelle Dieu son Sauveur, attestant par là qu’elle n’était pas sans péché.
1.50-53 Elle loue ensuite le Seigneur pour sa miséricorde qui s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Il renverse les orgueilleux et les puissants, et Il élève les humbles et les affamés.
1.54, 55 Elle l’exalte enfin pour sa fidélité envers Israël, par l’accomplissement de la promesse faite à Abraham et à sa postérité.
1.56 Après être restée auprès d’Élisabeth pendant environ trois mois, Marie retourna chez elle, à Nazareth. N’étant pas encore mariée, elle est sans aucun doute devenue l’objet de commérages et de mépris dans le voisinage. Mais un jour, Dieu la justifierait. Elle pouvait patienter en toute sérénité.

La naissance du précurseur (1.57-66)

1.57-61 Le moment venu, Elisabeth donna le jour à un fils. Ses parents et ses amis partagèrent sa joie. Le huitième jour, celui où l’enfant devait être circoncis, les proches et les voisins s’attendaient à ce qu’il soit nommé Zacharie, comme son père. Quand la mère eut précisé que son nom serait Jean, ils furent surpris, parce que personne de sa parenté ne portait ce nom.
1.62, 63 Pour trancher la question, ils firent des signes à Zacharie ; ce détail semble indiquer que le sacrificateur était non seulement muet mais également sourd. Ayant demandé des tablettes, il mit fin à toute discussion en écrivant que le bébé s’appellerait Jean. La foule fut dans l’étonnement.
1.64-66 Mais elle le fut encore davantage quand elle constata qu’au moment où Zacharie avait écrit ce nom, il avait retrouvé en même temps l’usage de la parole. La nouvelle se répandit rapidement jusque dans les montagnes de la Judée, si bien que partout on se demandait quel serait l’avenir de cet enfant hors du commun. On savait qu’une faveur spéciale du Seigneur reposait sur lui.

La prophétie de Zacharie concernant Jean (1.67-80)

1.67 Libéré des chaînes de l’incrédulité, et rempli du Saint-Esprit, Zacharie exprime un hymne de louange, riche de citations de l’A.T.
1.68, 69 Il loue Dieu pour ce qu’Il a accompli. Zacharie sait que la naissance de son fils Jean annonce la venue imminente du Messie. Il parle de la venue de Christ comme d’un fait accompli avant même qu’il ne se soit produit. La foi lui permet d’affirmer que Dieu a déjà visité et racheté son peuple en lui envoyant le rédempteur. Jéhovah a suscité un puissant Sauveur dans la maison royale de David.
1.70, 71 Il loue Dieu pour l’accomplissement de la prophétie. La venue du Messie avait été annoncée par les saints prophètes des temps anciens. Elle signifiait que le peuple serait délivré de ses ennemis et qu’il n’aurait plus à les craindre.
1.72-75 Il loue Dieu pour sa fidélité à ses promesses. Le Seigneur avait conclu une alliance inconditionnelle de salut avec Abraham. La promesse était en train de s’accomplir par la venue de la postérité d’Abraham, à savoir Jésus-Christ. Le Messie procurait à la fois un salut extérieur et un salut intérieur. Extérieurement, le Sauveur devait délivrer les Israélites de la main de leurs ennemis ; intérieurement, Il les affranchissait pour qu’ils puissent le servir sans crainte, dans la sainteté et dans la justice.
G. Campbell Morgan souligne deux pensées importantes de ce passage.  ** G. Campbell Morgan, The Gospel According to Luke, p. 30, 31. ** Il met d’abord en relief le lien entre le nom de Jean et le thème du cantique : tous les deux expriment la grâce de Dieu. Ensuite, il montre que le contenu des v. 72 et 73 évoque implicitement les noms de Jean, Zacharie et Elisabeth.
*Jean : la grâce promise (v. 72) ;
*Zacharie : Dieu se souvient (v. 72) ;
*Élisabeth : Dieu fait serment (v. 73).
La faveur de Dieu, annoncée par Jean, découle du fait que Dieu se souvient de son alliance sous le sceau du serment.

1.76, 77 La mission de Jean, le messager du Sauveur. Jean serait le prophète du Très-Haut, préparant le cœur des Israélites pour la venue du Seigneur, et annonçant au peuple le Salut par le pardon de ses péchés. Les textes qui s’appliquaient à Jéhovah dans l’A.T. s’appliquent ici à Jésus. Malachie (Malachie 3.1) avait prédit la venue d’un messager qui préparerait les chemins de Jéhovah. Pour Zacharie, Jean n’est autre que ce messager attendu : il est venu pour ouvrir la voie à Jésus. Par conséquent, Jésus est Jéhovah.
1.78, 79 La venue de Christ est comparée au lever du soleil. Pendant des siècles, le monde avait vécu dans les ténèbres. Maintenant, à cause des entrailles de la miséricorde de Dieu, un jour nouveau allait se lever. Il viendrait dans la personne de Christ, qui illuminerait les non-Juifs assis dans les ténèbres et l’ombre de la mort et dirigerait Israël dans le chemin de la paix (cf. Malachie 4.2).
1.80 Le chapitre se termine par la simple déclaration que l’enfant croissait physiquement et se développait spirituellement. Il vécut dans le désert jusqu’au jour où il se présenta en public à la nation d’Israël.

La naissance de Jésus à Bethléhem (2.1-7)

2.1-3 César Auguste avait fait publier un édit ordonnant un recensement de toute la terre, c’est-à-dire de tout l’empire. Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie.
À cause de cette référence à Quirinius, certains ont longtemps mis en doute la véracité de cet Évangile. Des découvertes archéologiques ultérieures ont cependant confirmé l’exactitude du récit de Luc. Par cette initiative, César Auguste voulait démontrer sa suprématie sur le monde gréco-romain. Mais cet empereur païen n’était en fait qu’une marionnette dont Dieu tirait les ficelles pour qu’il accomplisse son dessein (Proverbes 21.1).
2.4-7 L’édit d’Auguste obligea Joseph et Marie à se rendre à Bethléhem précisément au moment où le Messie devait naître et accomplir la prophétie de Michée (Michée 5.2). Venant de Galilée, ils trouvèrent Bethléhem envahie par d’autres voyageurs. Le seul endroit où ils purent être hébergés fut l’étable d’une hôtellerie. Cela laissait présager de l’accueil que les hommes réserveraient à leur Sauveur. Durant le séjour du couple de Nazareth, Marie enfanta son fils premier-né. Après l’avoir emmailloté, elle le coucha délicatement dans une crèche.
C’est ainsi que Dieu visita notre planète, dans la personne d’un bébé sans défense, né pauvrement dans une étable malodorante. Quel émerveillement ! Comme l’a si bien résumé Darby, « Il a commencé sa vie dans une mangeoire, et l’a terminée sur une croix ; tout au long de Son cheminement, Il n’a pas trouvé un lieu où reposer Sa tête. » ** J.N. Darby, Synopsis of the Books of the Bible, III : 293. **

Annonce aux bergers (2.8-14)

2.8 Le premier faire-part de naissance ne fut pas adressé aux autorités religieuses de Jérusalem, mais à des bergers sur les collines judéennes, des hommes qui s’acquittaient fidèlement de leur tâche.
« N’est-il pas très significatif que les premiers à contempler la gloire de la venue du Seigneur aient été des hommes ordinaires, occupés à leurs travaux habituels ? Ce fait rappelle d’abord que c’est sur le lieu du service, aussi humble soit-il, que Dieu accorde ses visions. Il rappelle aussi que Dieu ouvre les portes de son Royaume à ceux qui ont conservé une piété simple et profonde, et qui n’ont pas perdu leur cœur d’enfant. » (James S. Stewart) ** Stewart, Life and Teaching, p. 24. **
2.9-11 Un ange du Seigneur s’approcha des bergers qui furent environnés de la gloire du Seigneur resplendissant autour d’eux. Tandis qu’ils reculaient, remplis d’effroi, l’ange les rassura et leur révéla une bonne nouvelle qui devait être le sujet d’une grande joie pour tout le peuple : ce jour même était né tout près de là, à Bethléhem, un enfant : un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur.
Tout un chapitre de théologie en condensé ! L’enfant est d’abord présenté comme un Sauveur, ce que confirme son nom, Jésus ; Il est également le Christ, c’est-à-dire l’Oint de Dieu, le Messie d’Israël ; Il est enfin le Seigneur, Dieu manifesté en chair.
2.12 À quoi les bergers pourraient-ils le reconnaître ? Les anges leur fournirent deux indices. D’abord, l’enfant serait emmailloté. Ils avaient certainement déjà vu d’autres bébés emmaillotés. Mais les anges avaient présenté Celui-ci comme le Seigneur. Personne n’avait jamais vu le Seigneur emmailloté comme un petit enfant. Ensuite, ils trouveraient l’enfant couché dans une crèche.
Nous sommes frappés de stupeur devant le fait que le Créateur et l’Appui de l’univers est entré dans l’histoire humaine non comme un vaillant conquérant militaire, mais comme un petit enfant. Telle est pourtant la doctrine de l’incarnation.
2.13, 14 Soudain, les cieux éclatèrent de toute l’allégresse qu’ils contenaient. Une multitude de l’armée céleste apparut, louant Dieu. Son cantique, connu sous le nom de Gloria in Excelsis Deo, révèle la portée de cette naissance unique. La vie de l’enfant et son ministère procureront gloire à Dieu dans les lieux très hauts, et paix sur la terre parmi les hommes qu’Il agrée. Ces hommes sont ceux qui se repentent de leurs péchés et reçoivent Jésus-Christ comme Seigneur et Sauveur.

Visite des bergers (2.15-20)

2.15-19 Aussitôt les anges partis, les bergers allèrent en hâte à Bethléhem et trouvèrent Marie et Joseph, et Jésus couché dans la crèche. Ils racontèrent en détail la visite des anges, ce qui plongea les personnes présentes dans un grand étonnement. Mais Marie avait une perception plus aiguë de ce qui se passait ; elle gardait toutes ces choses, et les repassait consciemment dans son cœur.
2.20 Les bergers, au comble de la joie en raison de tout ce qu’ils avaient entendu et vu, retournèrent près de leurs troupeaux en louant Dieu.

La circoncision et la consécration de Jésus (2.21-24)

Ce passage décrit au moins trois rituels :
  1.  Celui de la circoncision de Jésus, à l’âge de huit jours. C’était un des aspects de l’alliance conclue entre Dieu et Abraham. Le même jour, conformément à la coutume juive, l’enfant reçut son nom. L’ange avait dit à Marie et à Joseph de l’appeler JESUS.
  2.  Celui de la purification de Marie. Cette cérémonie eut lieu 40 jours après la naissance de Jésus (Lévitique 12.1-4). À cette occasion, les parents offraient généralement un agneau pour l’holocauste, et un jeune pigeon ou une tourterelle pour le sacrifice d’expiation. Lorsque les gens étaient pauvres, il leur était permis de n’apporter que deux tourterelles ou deux jeunes pigeons (Lévitique 12.6-8). Le fait que Marie n’ait pas offert d’agneau mais seulement deux jeunes pigeons témoigne de la pauvreté dans laquelle Jésus était né.
  3.  Celui de la présentation de Jésus dans le temple de Jérusalem. Au début, Dieu avait décrété que les premiers-nés lui appartiendraient et feraient fonction de sacrificateurs (Exode 13.2). Plus tard, Il se réserva la tribu de Lévi pour exercer la prêtrise (Exode 28.1, 2). Les parents furent donc autorisés à « racheter » leur fils premier-né, moyennant une redevance de cinq shekels. C’est ce qu’ils faisaient lorsqu’ils le consacraient au Seigneur.

Siméon vit dans l’attente du Messie (2.25-35)

2.25, 26 Siméon faisait partie du reste d’Israël fidèlement attaché à Dieu. Il attendait la venue du Messie. Il avait été divinement averti par le Saint-Esprit qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu le Christ du Seigneur, autrement dit son Oint. « L’amitié de l’Éternel est pour ceux qui le craignent. » (Psaume 25.14) À ceux qui marchent dans une communion paisible avec le Seigneur et qui sont habitués à le contempler, Dieu communique ses intentions d’une manière mystérieuse.
2.27, 28 Siméon entra dans le temple lorsque les parents de Jésus présentaient leur enfant à Dieu. Le vieillard sut, par des voies surnaturelles, que cet enfant était le Messie. Il le prit dans ses bras, et prononça les paroles mémorables du Nunc Dimittis (« Maintenant, tu laisses ton serviteur s’en aller »).
2.29-32 Voici le contenu de ce cantique : Maintenant, Seigneur, tu laisses ton serviteur s’en aller en paix. Selon ta promesse, j’ai vu ton salut dans la personne de cet enfant, le Sauveur promis. Tu l’as établi pour procurer le salut à toutes les classes sociales. Il sera une lumière pour éclairer les nations (sa première venue), et la gloire d’Israël, ton peuple (sa seconde venue). Après avoir rencontré le Seigneur Jésus, Siméon était prêt à mourir. L’aiguillon de la mort était ôté.
2.33 Comme pour mieux souligner la doctrine de la naissance virginale, la majorité des manuscrits parlent de « Joseph et sa mère » au lieu de « son père et sa mère ».
2.34, 35 Après cet élan initial de louange adressé à Dieu pour le don du Messie, Siméon bénit les parents de Jésus, puis il délivra un message prophétique à Marie. Relevons quatre aspects :
  1.  L’enfant est destiné à amener la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Tous les arrogants, les impénitents et les incrédules tomberont et seront châtiés. Ceux qui s’humilient, se repentent de leurs péchés et reçoivent le Seigneur Jésus ressusciteront et seront bénis.
  2.  L’enfant est destiné à devenir un signe qui provoquera la contradiction. La personne de Christ a entraîné certains effets particuliers. Sa seule présence sur terre a violemment mis en lumière le péché et l’impiété, ce qui a suscité une incroyable animosité dans le cœur humain.
  3.  Une épée transpercera l’âme de Marie. Par ces mots, Siméon prédisait la douleur qui submergerait Marie au moment où elle assisterait à la crucifixion de son Fils (Jean 19.25).
  4.  … afin que les pensées de beaucoup de cœurs soient dévoilées. La manière dont une personne réagit à l’égard du Sauveur révèle ses mobiles et ses sentiments cachés.

La prophétesse Anne (2.36-39)

2.36, 37 Comme Siméon, la prophétesse Anne faisait partie de ce reste fidèle d’Israël qui attendait la venue du Messie. Elle était de la tribu d’Aser (nom qui signifie « heureux » ou « béni »), l’une des 10 tribus emmenées en captivité par les Assyriens en 721 av. Jésus-Christ. Anne avait forcément plus de 100 ans puisqu’elle avait été mariée pendant sept ans avant d’être veuve pendant 84 ans.
En tant que prophétesse, elle recevait certainement des révélations divines et faisait fonction de porte-parole de Dieu. Elle assistait fidèlement aux offices qui se tenaient dans le temple ; elle servait Dieu nuit et jour dans le jeûne et dans la prière. Son grand âge ne l’empêchait pas de servir le Seigneur.
2.38 Au moment où Jésus était présenté au Seigneur et où Siméon parlait à Marie, Anne s’approcha de ce petit groupe de personnes. Elle louait Dieu pour le Sauveur promis, et parlait de Jésus aux Juifs fidèles de Jérusalem qui attendaient le Salut.
2.39 Après avoir accompli les rites de purification et de présentation, Joseph et Marie retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. Luc passe sous silence la visite des mages et la fuite en Égypte.

L’enfance de Jésus (2.40-52)

2.40 Le développement de l’enfant Jésus est décrit comme suit : Physiquement, Il croissait et se fortifiait. Il est passé par les différents stades du développement physique, apprenant à marcher, à parler, à jouer et à travailler. Il peut donc comprendre nos difficultés liées à chacune de ces étapes. Intellectuellement, Il était rempli de sagesse. Il n’a pas seulement appris à lire, à compter, et à emmagasiner les connaissances de son temps, mais Il a grandi aussi en sagesse, autrement dit Il appliquait son savoir aux problèmes de la vie. Spirituellement, la grâce de Dieu reposait sur lui. Il marchait en communion avec Dieu et dans la dépendance du Saint-Esprit. Il étudiait les Écritures, consacrait du temps à la prière et prenait plaisir à se conformer à la volonté de son Père.
2.41-44 Un garçon juif devenait fils de la loi à l’âge de 12 ans. Quand le Seigneur eut 12 ans, ses parents entreprirent le pèlerinage annuel à Jérusalem pour célébrer la Pâque. Sur le chemin du retour, ils ne s’aperçurent pas tout de suite que Jésus n’était pas dans leur groupe. Cela peut nous paraître étrange, mais n’oublions pas que les pèlerins voyageaient en caravane ; les parents pouvaient donc penser que Jésus était en compagnie d’autres enfants de son âge.
Avant de blâmer Joseph et Marie, souvenons-nous avec quelle facilité nous parcourons notre chemin quotidien, croyant que Jésus est avec nous alors que nous avons perdu le contact avec lui à cause de péchés que nous n’avons pas confessés. Pour rétablir ce contact rompu, nous devons revenir là où la communion a été brisée, confesser notre péché et l’abandonner.
2.45-47 De retour à Jérusalem, les parents angoissés trouvèrent Jésus dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant. Il n’est pas présenté comme un génie précoce en train de discuter avec ses aînés. Il a plutôt pris la place qui convient à un enfant normal désirant apprendre humblement et sereinement de ses maîtres. Mais au cours de cette formation Il a sans doute été interrogé, car il nous est rapporté que ceux qui l’entendaient étaient frappés de son intelligence et de ses réponses.
2.48 Même ses parents furent saisis d’étonnement quand ils le virent participer si activement à des discussions avec des personnes tellement plus âgées que lui. Pourtant sa mère donna libre cours à l’inquiétude et au mécontentement accumulés pendant ces journées, et lui adressa des reproches. Ne comprenait-Il pas qu’ils s’étaient fait du souci à cause de lui ?
2.49 La réponse du Seigneur – ses premières paroles rapportées – montre qu’Il était pleinement conscient de son identité de Fils de Dieu et de sa mission divine. Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il faut que je m’occupe des affaires de mon Père ? Marie avait dit : « Ton père et moi ». Jésus répondit : Les affaires de mon Père.
2.50 Sur le moment, ils ne comprirent pas le sens caché de sa réponse. Il était rare qu’un enfant de 12 ans s’exprime ainsi !
2.51 De nouveau réunis, ils purent donc retourner à Nazareth. Les dispositions morales de Jésus sont révélées par les mots : Il leur était soumis. Bien que Créateur de l’univers, Il prit la place d’un enfant obéissant dans cette humble famille juive. Mais, au fil de ces années de croissance, sa mère gardait toutes ces choses dans son cœur.
2.52 Ce verset dépeint encore une fois l’authentique humanité et le développement normal du Seigneur :
1.    sur le plan intellectuel : Il croissait en sagesse ;
2.    sur le plan physique : Il croissait en stature ;
3.    sur le plan spirituel : Il croissait en grâce devant Dieu ;
4.    sur le plan social : Il croissait en grâce devant les hommes.
Il grandissait d’une manière absolument parfaite dans tous les domaines. À partir de là, le récit de Luc passe sous silence les 18 années pendant lesquelles Jésus vécut à Nazareth comme fils du charpentier. Cette longue période montre l’importance d’une bonne préparation et de sa mise en œuvre, la nécessité de la patience, et la valeur du travail ordinaire. Elle nous met en garde contre le danger de passer trop rapidement de la naissance spirituelle à un ministère public. Ceux qui n’ont pas eu une enfance et une adolescence spirituelles normales risquent de connaître des déboires plus tard dans leur vie et dans leur témoignage.